Compagnie Chargeurs Invest (EPA:CRI)
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Apr 24, 2026, 5:39 PM CET
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AGM 2025

Apr 9, 2025

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

Bien, bonjour à toutes et à tous, et bienvenue à l'assemblée générale de ce qui est encore pour quelques minutes le groupe Chargeurs, qui verra son nom, si vous l'approuvez, évoluer dans le cadre de cette assemblée générale. Beaucoup, beaucoup de transformations ont été menées au cours de l'exercice 2024. Nous allons y revenir. Cette assemblée générale est pour la première fois à la fois tenue en présentiel, donc physiquement ici, et à distance, donc est filmée. C'est une nouvelle obligation réglementaire qui nous est posée, et donc elle sera filmée jusqu'à l'issue de sa tenue. Nous vous remercions d'être présents aujourd'hui physiquement en ces lieux. Je déclare notre séance ouverte. Je vous reprécise les conditions de quorum pour le fonctionnement d'une assemblée générale mixte, puisque nous sommes en assemblée générale mixte. Les actionnaires présents ou représentés doivent posséder au moins un cinquième des actions.

Nous n'avons que des actions ordinaires, mais il y a des actions aussi à droit de vote double, et ils doivent posséder également un quart des actions ayant droit de vote à l'effet de statuer sur les résolutions à caractère extraordinaire. Nous satisfaisons pleinement à ce quorum au vu de la feuille de présence. Nous avons un quorum provisoire qui est à plus de 74% des actions ordinaires. Donc, je constate que notre quorum est réuni et que notre assemblée générale peut valablement statuer. L'ensemble des documents usuels ont été mis à disposition en vue de préparer cette assemblée, à la fois l'avis de réunion et l'avis de convocation. Les émargements ont été produits. Je remercie le Collège des commissaires aux comptes, à la fois EY et Gantorton, d'être présents suite à la convocation à cette assemblée. Oui, ils sont là-bas. Merci.

Bien évidemment, les dispositions légales et réglementaires ont été satisfaites. Les documents ont été mis à disposition, et ces documents ont été déposés sur le bureau, ainsi que la feuille de présence et l'ensemble des documents réglementaires. Le premier acte d'une assemblée générale est de constituer le bureau. Je vous propose de procéder à la constitution de ce bureau en désignant à la fois la société Columbus Holdings SAS, qui détient 35,5% du capital et 39,2% des droits de vote existants, représentés par Monsieur Emmanuel Coquin, de prendre part à ce bureau, et la société Columbus Holdings II, qui est détentrice de 28,7% du capital et 28,1% des droits de vote, représentée par Monsieur Georges Ralli, ici présent, de prendre également part à ce bureau. Est-ce qu'il y a des objections aux modalités de constitution du bureau ?

S'il n'y en a pas, ce que je constate, je félicite donc Monsieur Coquin et Rally, représentants respectifs de Columbus I et II, pour leur désignation. Et si tout le monde en est également d'accord, je propose de désigner Madame Vanessa Deffey, qui est à ma gauche, comme secrétaire de séance. Pas d'objection. Je félicite donc tout le monde. Nous allons procéder à la fermeture symbolique, mais non physique, des portes pour pouvoir démarrer notre assemblée. Nous avons beaucoup de sujets à partager avec vous, et je vous propose d'abord de commencer par la revue des activités du groupe. Il s'ensuivra la lecture des rapports des commissaires aux comptes, puis, bien évidemment, l'objet de cette assemblée est de répondre à vos questions sur l'avis des affaires en 2024, mais aussi sur l'avis courant des affaires dans une actualité chargée.

Vous avez également vu que nous avons annoncé ce matin une prise de participation majoritaire dans une nouvelle société au sein de notre pôle Museum Studio, notre pôle culture et éducation. Cette société s'appelle Lord Cultural Resources. Elle est basée entre le Canada et les États-Unis, et c'est un très bel objet qui nous rejoint, et surtout une très belle équipe qui nous rejoint et qui rejoint les talents de Museum Studio cette année. Commençons par la revue des activités, peut-être. Je pense que c'est le point premier.

2024 a été une année évidemment très importante dans la vie du groupe, une année de consolidation actionnariale, puisque l'OPA qui a été menée par le groupe familial Fribourg et ses partenaires, la famille Dassault, les grands investisseurs institutionnels que sont MACSF, Groupama, la Carac, BNP. Cette OPA a abouti, a abouti exactement dans la cible que nous avions pour consolider à peu près deux tiers du capital et laisser un flottant libre pour un tiers du capital. Nous sommes à peu près dans cette épure, puisque aujourd'hui, 65% du capital est détenu par le groupe familial Fribourg et ses partenaires via les deux structures Columbus I et II. Ça, c'était important pour doter le groupe d'une structure capitalistique à la hauteur de ses ambitions et de ses possibilités.

Deuxièmement, c'est une année 2024 qui était importante parce que nous avions traversé sur certains de nos métiers des crises, des aléas, et nous souhaitions pouvoir mener le redressement de certaines de nos activités, d'une part, mais aussi mener à bien l'expansion et le succès de certaines de nos branches. Je pense notamment à Museum Studio qui a connu une expansion extrêmement forte. Troisièmement, c'est une année pendant laquelle nous avons préparé un nouveau cycle stratégique, une nouvelle façon d'appréhender les actifs et le portefeuille d'activités du groupe pour le rendre plus simple, plus lisible, pour aussi bien saisir les différences d'enjeux selon nos activités, nos secteurs. C'est ce qui nous a conduits à désormais présenter les activités en trois pôles, trois plateformes d'activités.

J'insiste sur cette notion de plateformes qui sont le point d'appui pour des développements futurs, avec une première plateforme qui est dédiée à la culture et à l'éducation, au sein de laquelle nous avons le leader mondial du développement de contenus pour les industries muséales à travers Museum Studio. Nous avons la plateforme mode et savoir-faire, avec en son sein deux leaders mondiaux, Chargeurs PCC, que vous connaissez bien, leader mondial des textiles techniques pour le luxe et la mode, et notre activité de fibre, également leader mondial. Et puis nos marques B2C qui sont réunies au sein du petit pôle Personnel Goods, qui est encore un pôle en phase d'investissement et de développement. Et puis nous avons notre troisième plateforme qui est la plateforme dédiée aux matériaux innovants ou Novacell, et notre leader mondial, avec là aussi un très beau redressement sur l'exercice 2024. Nous y reviendrons.

Évidemment, l'OPA qui a abouti visait aussi à ouvrir un nouveau cycle et un cycle de gestion active du portefeuille du groupe. Il est important et signifiant que nous ayons fait le choix, à partir de cette année, de publier périodiquement et d'insister sur un certain nombre de notions clés. Les capitaux propres consolidés du groupe, je pense que c'est très important de savoir quels sont les capitaux permanents dont dispose votre société, qui s'élèvent à €315 millions au 31 décembre 2024. Et puis aussi notre actif net réévalué. C'est une novation que de publier l'actif net réévalué. Notre objectif, c'est d'extérioriser cet actif net réévalué qui est un peu en dessous de €600 millions, donc qui est net de toute dette. Voilà un peu pour la photo générale de ce qu'est votre société à fin 2024.

Si nous allons sur la slide suivante, ce qui est important, c'est également qu'il nous a semblé, après dix ans de transformation, d'évolution sectorielle, à la fois de projeter Chargeurs dans une vision stratégique nouvelle, d'une part, mais aussi de l'enraciner dans un certain nombre de traditions. Et c'est ce qui nous a conduits à soumettre à votre approbation ce jour une évolution du nom de la maison qui est née comme Compagnie Chargeurs, qui est devenue Chargeurs Réunis, qui s'est transformée dans les années 90 en Chargeurs International, puis redevenue Chargeurs. Et aujourd'hui, il nous semble pertinent de faire évoluer le nom de la maison en Compagnie Chargeurs Invest pour exprimer cette double vocation industrielle et financière au service de ses métiers, mais aussi de l'ensemble de ses parties prenantes et, bien sûr, de ses actionnaires.

Et donc, vous voyez là le nouveau logo de la Compagnie Chargeurs Invest qui fait à la fois écho à l'enracinement d'une maison qui a 153 ans cette année, mais aussi qui, à travers cette notion Invest en anglais, exprime sa projection internationale. Et nous aurons l'occasion de vous présenter, à la fin de cette présentation des comptes 2024, le nouveau site internet du groupe, si la technique nous sert. Et là aussi, je pense que c'est assez important parce qu'aujourd'hui, quand vous parlez d'une société, vous allez tout de suite voir quelle allure elle a via son site internet. Donc, voilà, cette évolution est une évolution aussi importante. Je pense que c'est le point de départ d'un cycle nouveau pour votre société et pour notre maison, et un cycle que nous espérons et que nous voulons et que nous travaillons pour être prospère. Bien.

Je le disais, les trois plateformes, je vous en ai parlé. Je vais, si on passe à la slide suivante, passer un petit peu de temps sur une matrice que nous avons souhaité mettre à disposition de l'ensemble des parties prenantes du groupe pour un peu expliquer comment nous voyons l'état, l'avenir, le fonctionnement de nos métiers, plateforme par plateforme. Vous avez sous les yeux ce qu'on appelle une matrice qui a vocation à nous fournir une analyse à la fois stratégique et patrimoniale de chacun de nos métiers tels que nous les voyons à fin 2024. Nous avons considéré que pour appréhender l'état de chacun de nos métiers, dix critères étaient clés pour savoir si finalement nous nous jugeons suffisamment manœuvrants pour déployer utilement leur avenir. Ça passe par la croissance organique.

Pour avoir de la croissance organique dans nos activités, il faut être global, mais aussi pour pouvoir avoir de la croissance organique, il faut pouvoir investir, et pour pouvoir investir, il faut être profitable. Également, ce qui va nous intéresser, c'est est-ce que nous avons dans chacun de nos métiers un impact ultime dans la filière, pas seulement dans le secteur où on est leader mondial, mais plus largement dans la filière à laquelle est rattaché notre champion de niche. Et évidemment, la réponse est variable selon les secteurs. Aussi, est-ce que nous sommes dans des activités qui sont intensives ou pas en capital, qui sont volatiles ou pas, qui sont soumises à une réglementation en gestation ou pas ? Est-ce que nous avons des activités attractives pour les salariés ? Est-ce que nous avons une masse critique suffisante dans l'ensemble de la filière ?

Et est-ce que aussi nous avons une attractivité éventuelle pour des partenaires dans ces activités si nous souhaitons y rester contrôlants à long terme ? Et donc, plus nous sommes vers l'extérieur de la matrice, plus évidemment nous sommes dans une situation que nous jugeons au plan stratégique et patrimonial favorable, prometteuse et manœuvrante. Et puis, donc vous avez sous les yeux la matrice, si on passe à la slide suivante, si on regarde le pôle culture et éducation. Merci. Oui, ce n'est pas celui, pardon, ce n'est pas grave. Mais si vous prenez le pôle culture et éducation, vous allez voir une matrice qui est proche de celle-ci et qui est plutôt vers l'extérieur.

Si vous regardez d'autres segments, on va voir que dans certains, on est très profitable, mais que notre capacité d'avoir un impact ultime sur les consommateurs, les utilisateurs ou les bénéficiaires de notre activité est plus limitée. Dans d'autres cas, on va voir qu'on est très globaux, mais que la globalité, le commerce mondial, ça coûte, et donc ce sont aussi des surcoûts de fonctionnement. C'est notre ambition de dire si nous investissons en organique, bien l'objectif, c'est de pouvoir desserrer au maximum les contraintes vers l'extérieur. En desserrant les contraintes vers l'extérieur, bien ça nous permet de nous dire nous avons la capacité à long terme de développer, de créer de la valeur dans ce métier, dans ce secteur.

Il y a des cas où c'est la slide suivante, soit on est dans ce modèle de développement en propre que je viens d'indiquer, soit on dit peut-être qu'on a un intérêt à faire du développement combiné, soit par rapport aux fusions d'actifs. Puis enfin, il y a des cas où on va pouvoir considérer soit des cessions partielles, soit des cessions totales d'actifs avec une logique de réallocation des ressources. Je vais passer maintenant la parole à Olivier Bucquin sur la revue opérationnelle pour revenir sur les résultats et les performances de l'année 2024.

Olivier Bucquen
CFO, Compagnie Chargeurs Invest

Merci, Monsieur le Président. Bonjour à toutes et à tous. Avec Jérôme Angin, le Directeur Financier du groupe, nous allons effectivement vous présenter les performances de votre groupe en 2024.

Je vais me concentrer sur les grands agrégats généraux et Jérôme vous présentera plus en détail l'activité de nos métiers et ensuite le détail des comptes de Chargeurs. Alors, comme vous le voyez sur cette slide, les indicateurs opérationnels ont été en très forte amélioration en 2024, puisque nous avons une croissance à deux chiffres à presque 11% du chiffre d'affaires du groupe par rapport à 2023, et ce dans l'ensemble des métiers et dans l'ensemble des zones géographiques, on le verra dans un instant. Le résultat opérationnel des activités, ce qu'on appelle le ROPA, est lui-même en très forte hausse, près de 74%, pour atteindre près de €40 millions. Et puis, évidemment, c'est, j'allais dire, la vérité des prix dans l'activité d'une entreprise.

Ce résultat a permis de générer du cash et singulièrement nos métiers ont généré presque 64 millions de trésorerie, de flux de trésorerie opérationnelle en 2024. Donc, forte amélioration de la performance que nous allons regarder maintenant en détail. Si justement on fait un focus sur le chiffre d'affaires à la fois par métier et par zone géographique, bien ce que je vous disais à l'instant est illustré par ces tableaux, puisque tous nos métiers sont en croissance. J'insisterai en particulier sur Museum Studio, dont la croissance organique, c'est-à-dire hors acquisition, la croissance organique est de plus de 33% pour atteindre 140 millions. Juste pour mémoire, quand nous avons débuté nos activités dans le secteur des musées, en 2018, on faisait un peu moins d'un million de chiffre d'affaires. Un million en 2018, 140 millions en 2024, avec plus de 30% de croissance par rapport à l'année d'avant.

Personnel Goods, l'autre métier que nous avons créé au cours des dix dernières années, a fait également une très belle performance à 18,5% de croissance. Et puis Novacell, qui avait connu une année 2023 assez contrastée, est en très bonne reprise avec plus de 9% de croissance. Donc, comme je le disais il y a un instant, une croissance à deux chiffres, presque 12% de croissance organique pour le groupe grâce à un effet périmètre positif. La répartition géographique de nos activités, c'est l'une des forces également de votre groupe. Il y en a beaucoup. On a évoqué la diversité de nos métiers qui permet en toute circonstance d'avoir une belle répartition des risques sur le plan de l'activité.

Nous avons également une belle répartition des risques sur le plan géographique, encore une fois très équilibrée, avec un peu plus de 40% de notre chiffre d'affaires en Europe, y compris la France, et à peu près 30% dans les Amériques et 30% en Asie. Les États-Unis restent notre premier pays, suivi de l'Italie, la mode, de la Chine, de l'Allemagne, de la France, et ensuite nous sommes dans une centaine de pays dans le monde. Ces trois zones ont été en croissance avec, comme vous le voyez, une croissance forte en Amérique et en Asie, et une relative stabilité dans le continent européen. Ce n'est pas très bon signe pour la situation du continent européen quand même. 0,7%, ce n'est pas très enthousiasmant. Hélas. Si j'évoquais les flux de trésorerie opérationnelle, c'est la slide suivante.

Donc, encore une fois, la génération de cash par vos métiers, par les métiers de votre groupe en 2024. Très clairement, comme vous le voyez sur cette slide, Novacell, nos métiers de films techniques, a généré une très belle performance après un 2023 plus compliqué. Mais Museum Studio est devenu, au fil des années, un très fort contributeur également en génération de cash, et pas seulement en chiffre d'affaires et en résultats, ce qui évidemment est tout à fait appréciable. Avec une forte visibilité, c'est également ce que Jérôme Angin rappellera, mais l'un des intérêts de Museum Studio, c'est d'avoir un carnet de commandes à très long terme. On a plusieurs années de chiffre d'affaires déjà signées au moment où on se parle. Alors, qu'est-ce que nous avons fait avec le cash généré par ces métiers ? C'est la partie droite de cette slide.

Bien, près des deux tiers du cash généré ont été consacrés à la réduction de la dette et aux coûts de cette dette. On a investi près de 14 millions € en CAPEX, en investissement industriel. Là aussi, un petit rappel, depuis que Michael Fribourg est devenu premier actionnaire et PDG du groupe, donc en une dizaine d'années, nous avons investi 160 millions d'euros en investissement industriel, dont plus de 100 millions € dans nos usines françaises. Donc, on est un groupe vraiment, on l'évoquait, qui accompagne ces métiers, ces actifs dans leur croissance en investissant pour le long terme, quelle que soit la conjoncture, quelles que soient les circonstances. Et puis, nous avons investi 10 millions d'euros dans deux acquisitions au cours de l'exercice 2024, Grand Palais Immersif, qui a rejoint Museum Studio.

Donc, nous sommes majoritaires dans cette structure dont les autres actionnaires sont le Grand Palais, Vinci Immobilier et la Caisse des Dépôts, et qui produit, réalise, présente des expositions immersives dans un lieu notamment qui s'appelle Grand Palais Immersif. Si vous ne le connaissez pas, il se trouve dans l'enceinte de l'Opéra Bastille, mais avec une entrée à part. Et je vous invite très vivement à aller découvrir la merveilleuse exposition qui est un grand succès en ce moment, qui s'appelle Pixel, qui se termine à la fin de ce mois, et de vous préparer à la prochaine qui s'appelle Clubbing, qui démarrera le mois prochain, me semble-t-il.

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

Grand Palais Immersif nous a rejoints l'année dernière, et nous avons également acheté une très belle pépite industrielle dans le secteur de Chargeurs PCC, la partie textile technique, qui s'appelle Cilander, qui est une société suisse dont nous avons acquis à la fois des actifs d'ennoblissement de textiles, et en particulier des textiles à destination du secteur de la défense et du secteur de la mobilité, et puis des marques de tissus de chemises de très haute gamme utilisées par les plus grands tailleurs du monde entier. Donc, Cilander et Grand Palais Immersif. Voilà pour une vision assez générale des performances remarquables de votre groupe en 2024. Et Jérôme Angin, le Directeur Financier du groupe, va maintenant vous les présenter plus en détail, métier par métier, avant de passer à la revue financière. Merci, Olivier. Bonjour à tous.

Olivier Bucquen
CFO, Compagnie Chargeurs Invest

Je vous invite à passer à la slide 17 et à la performance des métiers, en commençant par la plateforme culture et éducation composée de Museum Studio. Comme l'a rappelé Olivier, de quelques millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018, Museum Studio s'impose aujourd'hui comme le leader mondial et incontesté de l'ingénierie et de la production culturelle, avec un chiffre d'affaires de plus de 140 millions d'euros réalisé en 2024. Museum Studio, comme vous le voyez sur le côté droit de la slide, a continué à gagner des projets en 2024, plus 38% de portefeuille de commandes gagnées en 2024, et qui atteint aujourd'hui 330 millions d'euros de l'équivalent de chiffre d'affaires gagné, soit plus de deux ans de chiffre d'affaires, et donc une très bonne visibilité.

2024 a également été marquée par la prise de participation, comme on vient de l'indiquer, par Grand Palais Immersif, qui permet donc de renforcer la présence de Museum Studio à la fois en France et sa notoriété à l'international. Au total, avec un chiffre d'affaires en progression de plus de 33% en organique à €140 millions, le résultat opérationnel des activités, le ROPA, a plus que doublé par rapport à 2023 et pour atteindre €18,5 millions. Vous avez compris, c'est ce qu'on a dit, c'est une véritable success story pour le groupe, et nous allons continuer à développer Museum Studio, comme l'a indiqué Monsieur Fribourg il y a quelques instants. Nous avons annoncé ce matin la prise de participation majoritaire dans la société Lord Cultural Resources, c'est la slide que vous voyez à l'écran, référence mondiale dans la planification culturelle.

Lord, avec ses cinq bureaux à travers le monde, plus de 2 900 projets réalisés sur les cinq continents, a une gamme complète de services, de conception et de définition pour les projets culturels. Lord va ainsi permettre à l'expertise de consolider l'expertise de Museum Studio, et lui surtout de lui permettre d'intervenir très en amont dans la chaîne de valeur. Je vous propose à présent de passer à la plateforme mode et savoir-faire, qui intègre Chargeurs PCC, Luxury Fiber et Personnel Good. Tout d'abord, Chargeurs PCC, qui a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 200 millions d'euros en 2024, en croissance de 3,5% en organique, porté par la forte dynamique en Asie et aux États-Unis, et qui a plus que compensé le ralentissement du secteur du luxe en Europe.

Avec un EBITDA qui atteint 10% et un ROPA de 7%, c'est une très belle, à 14 millions d'euros, c'est une très belle performance, encore une fois dans un contexte où l'activité en Europe et sur le luxe particulièrement a été médiocre. Notre stratégie est d'accélérer sur le marché des textiles techniques, qui lui est en croissance de 10% par an, et c'est tout le sens de l'acquisition qu'on a évoquée à l'instant des actifs stratégiques de la société suisse Cilander, qui a été réalisée à l'été 2024, soit renforcer nos positions dans les secteurs en forte croissance tels que les équipements militaires, l'outdoor et la mobilité.

Si nous passons maintenant à Luxury Fiber, le deuxième métier, vous le voyez, le chiffre d'affaires est globalement flat, et en fait ça reflète une double réalité : une hausse de 20% de notre chiffre d'affaires de notre pépite Nativa, et une baisse de la laine conventionnelle. Le résultat opérationnel des activités s'établit lui à €0,7 million, et comme on l'a déjà exprimé lors de la présentation des résultats annuels, nous ne sommes pas satisfaits, on est très transparents sur le fait, on n'est pas satisfaits de ces résultats. Notre position dans la chaîne de valeur ne nous convient pas aujourd'hui, et c'est une véritable question stratégique pour l'avenir, et pour ces prochains mois et ces prochaines années. Pour finir, Personnel Good, le dernier métier qui est en croissance, vous le voyez, de 18%, avec ses trois marques de B2C, Swen, Cambridge SACELL et Alte Studio.

Tout d'abord, Alte Studio qui est en pleine expansion avec une croissance de plus de 50% de son chiffre d'affaires et qui est très rentable. De l'autre côté, SACELL et Swen sont en phase d'investissement au PECS et CAPEX. Nous avons en 2024 repositionné la marque SACELL autour de partenariats et du digital. Nous avons réorganisé sa distribution pour redéployer et réouvrir en début d'année 2025 des boutiques en propre. Nous ouvrirons 5 à 7 boutiques à la fois en Angleterre et en France sur ces prochains mois. En France, Rue Vieille du Temple, qui est un très joli petit site auquel nous vous convions d'aller faire vos emplettes, bien sûr. De son côté, Swen, de par la force de son nom, de ses produits, de son histoire, est une véritable pépite avec un très fort potentiel pour le groupe.

Nous investissons sur Swen à notre rythme, de façon plus pointue. Nous travaillons sur l'excellence et nous allons continuer effectivement à développer petit à petit Swen, qui est vraiment, encore une fois, une véritable pépite pour le groupe. Le résultat opérationnel du métier Personnel Good reflète ainsi l'ensemble des investissements qui ont été réalisés sur l'année, c'est-à-dire des investissements en OPEX, sur les gammes de produits, sur la distribution notamment, et vous le voyez, il est légèrement négatif. Passons enfin à la page suivante avec la plateforme Matériaux Innovants, qui regroupe Novacell. Comme on l'a exprimé un peu plus tôt, Novacell a connu un rebond spectaculaire en 2024. Après avoir souffert pendant 12 mois, le chiffre d'affaires a progressé de près de 10%, tiré par la reprise de la zone Europe, la zone EMEA, et son résultat opérationnel a progressé de près de 80%.

C'est la démonstration du très fort levier opérationnel de Novacell. Dès que l'on dépasse le point mort, le résultat opérationnel augmente très rapidement. Le métier, c'est ce qu'Olivier a rappelé tout à l'heure, a également su générer un très bon niveau de cash et grâce à la réduction de son BFR, et ceci malgré l'augmentation de son activité. La division, d'autre part, continue sa stratégie de croissance axée sur les produits techniques, premium et éco-conçus à travers sa gamme Oxygène, comme vous le voyez sur le côté droit de la slide. Je vous propose à présent de passer à la revue financière, en commençant par l'évolution du compte de résultat que vous voyez en page 23. Comme nous l'avons vu, le chiffre d'affaires est en très forte hausse, et ceci dans tous les métiers et tous les continents.

Quant à la marge brute, elle augmente très nettement, en particulier grâce à l'effet volume, l'augmentation du chiffre d'affaires, mais également grâce au travail continu mené par toutes les équipes pour maîtriser les coûts. L'EBITDA a également été en forte croissance, en forte progression de plus de 40%, tiré par la remarquable croissance, comme on l'a vu, de Museum Studio et la reprise d'activité de Novacell. La hausse spectaculaire du ROPA de plus de 74% reflète, comme on l'a indiqué tout à l'heure, le fort levier opérationnel du groupe. En dessous de ROPA, les principaux éléments à signaler sont les charges financières qui ont atteint un pic.

Maintenant, derrière nous, nous attendons une baisse de ces charges financières en 2025, en raison à la fois de la baisse des taux d'intérêt, la réduction de l'endettement grâce à l'amélioration de nos performances, et enfin notre décision de réduire le montant global de nos financements disponibles, ce qu'on appelle parfois la surliquidité. Le compte de résultat fait également apparaître un gain de 2,4 millions d'euros au titre de l'impôt, qui résulte de déficits reportables que nous avons activés et qui reflètent l'amélioration des perspectives d'activité, principalement en France et au Royaume-Uni. Je précise, et c'est ce que l'on précise tous les ans, il s'agit de l'impôt comptable. En ce qui concerne l'impôt cash, le groupe a payé 5,4 millions d'euros d'impôt en 2024, que nous verrons tout à l'heure dans le tableau de flux.

Pour conclure le compte de résultat, le résultat net du groupe est largement positif et s'élève à 7,3 millions d'euros. À la page suivante, le tableau de flux de trésorerie reflète une forte génération de cash, et celle-ci, cette génération de cash, s'explique, comme on l'a vu, par un EBITDA en très forte amélioration, une marge brute d'autofinancement qui redevient nettement positive, et comme je viens de l'exprimer, une gestion rigoureuse du BFR dans l'ensemble de nos métiers et malgré l'augmentation de l'activité. Le flux de trésorerie opérationnel qui s'élève ainsi à 43,6 millions d'euros, en dessous des CAPEX qui reviennent à un niveau plus haut normatif à 13,8 millions d'euros, des acquisitions ciblées, Cilander, EGPI, Grand Palais Immersif, pour un peu plus de 10 millions d'euros.

Au total, grâce à la forte génération de cash, la dette nette diminue de 15 millions d'euros et s'établit à 236,4 millions d'euros. Dans la page suivante, vous retrouvez notre bilan simplifié, qui traduit essentiellement la forte baisse du BFR du groupe, qui descend en dessous de 4 semaines de chiffre d'affaires, ce qui est une très belle performance pour un groupe industriel et de service tel que Chargeurs, et la hausse des capitaux propres de plus de 29 millions d'euros liée aux résultats de la période et aux évolutions de change, en particulier le dollar contre l'euro. Comme vous le voyez, la baisse de notre dette nette et de la forte hausse de l'EBITDA permettent une très nette amélioration de notre ratio de levier, passant de 5 fois à fin 2023 à 3,6 fois l'EBITDA à fin 2024 et même de 3,5 fois hors acquisition de la période.

Le gearing, quant à lui, s'améliore à 0,7 fois contre 0,9 fin 2023. Un dernier point sur les financements. Comme nous le faisons depuis 10 ans, nous retravaillons en permanence sur nos financements. L'attractivité de la signature de Chargeurs nous a permis de réaliser un refinancement partiel dans de très bonnes conditions fin 2024, que nous compléterons en 2025. Pour conclure sur la slide suivante et pour revenir, comme l'a expliqué Monsieur Fribourg, afin de matérialiser la nouvelle trajectoire stratégique du groupe, nous publions pour la première fois un ANR, un actif net réévalué. Au 31 décembre 2024, il s'élève à €581 millions, soit €24,1 par action. Cet ANR, déterminé par un expert externe, est fondé sur une méthode multicritères qui sera publiée semestriellement.

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

Autre indicateur important pour la solidité financière du groupe, les capitaux propres consolidés, ils s'élèvent à €315,7 millions, en hausse de €30 millions par rapport à 2023. Comme évoqué précédemment, l'endettement et le levier sont naturellement des indicateurs clés, notre ratio de levier est en forte réduction à 3,5 fois hors acquisition contre 5 fois fin 2023. Si nous passons à la slide suivante, qui sera la dernière slide que je vous présenterai avant de passer la parole à Joëlle Fabre-Hoffmeister. Comme vous le voyez sur cette slide, notre premier objectif pour le cycle 2025-2030 est la création de valeur. Ceci passe par une augmentation de l'actif net réévalué de 8 à 10% en moyenne sur le cycle, tout en conservant un levier d'endettement normatif pour le groupe entre 2 et 3 fois. Merci.

Je passe maintenant justement la parole à Joëlle Fabre-Hoffmeister pour la présentation de notre stratégie en matière de RSE. Jérôme, merci beaucoup pour cette présentation. Au nom du conseil d'administration, je souhaite féliciter à la fois Olivier Bucquin et Jérôme Engin pour l'excellent travail financier qui a été mené tout au cours de l'exercice 2024. Jérôme Engin a pris la direction financière à la succession d'Olivier l'an dernier. Véritablement, c'était un grand défi de réussite. Je trouve que tout ceci a été remarquablement mené. Olivier aussi continue d'appuyer tout ce déploiement. Donc, c'était véritablement une très belle réussite qui méritait, je pense, nos félicitations toutes spécifiques à la fois pour Olivier et pour Jérôme Engin. Joëlle, nous vous passons la parole.

Joëlle Fabre‑Hoffmeister
Head of ESG and Sustainability, Compagnie Chargeurs Invest

Merci, Monsieur le Président. Donc, sur le sujet de la RSE, ce n'est pas un sujet nouveau pour le groupe. C'est un sujet que nous avons toujours traité avec beaucoup de sérieux. Il y a eu une évolution sémantique qui ne vous a certainement pas échappé cette année. Ce sujet s'évoque aujourd'hui sous l'angle de la durabilité. Je trouve que c'est intéressant parce que ça dit quelque chose de la finalité qu'il y a derrière cette thématique. La durabilité, ça signifie qu'on va regarder ce qui va permettre au business model du groupe de durer et donc d'être solide pour pouvoir envisager sa pérennité dans les années à venir. Le groupe Chargeurs, ayant déjà une durabilité éprouvée depuis 153 ans, nous espérons bien qu'il résistera aux années à venir.

Alors, cette matrice d'analyse stratégique qui vous a déjà été commentée par notre PDG en début de séance, je la reprends ici pour vous faire observer comment la dimension de durabilité, justement, intègre tous les critères de notre analyse stratégique. Donc, je ne les passerai pas tous en revue, mais vous voyez ressortir en vert les angles sous lesquels on a travaillé cette durabilité. Et par exemple, si on regarde la croissance organique, la croissance organique, oui, mais en sélectionnant les actions que l'on va mettre en place pour qu'elles garantissent justement la durabilité de nos activités. De la même façon, des acquisitions qui seront faites vont être examinées de façon à ce qu'elles apportent un plus et qu'elles renforcent encore le modèle qui est le modèle du groupe et qui lui permet de s'installer et d'être performant dans la durée.

Donc, c'est vraiment une dimension qui n'est pas traitée à part, mais qui a complètement intégré le modèle stratégique du groupe pour lui permettre de développer plus de performances et plus longtemps. Si on regarde le slide suivant, on peut voir ce qui a déjà été fait ou ce qui est déjà fait en la matière dans le groupe, à la fois sous l'angle de la performance financière, mais également de l'impact que les choix d'actions ont sur notre modèle et sur notre rentabilité. En matière de performance financière, il y a des choses qui sont très mesurables d'ores et déjà et que l'on voit au travers du chiffre d'affaires qui est réalisé avec des produits responsables.

Ce sont des produits que nos métiers, les uns à côté des autres, travaillent pour apporter plus d'éco-conception, travailler avec des matériaux responsables qui donc nous permettent d'afficher dans le chiffre d'affaires une part qui est réalisée avec des matériaux, des composants qui vont respecter la nature et être moins émetteurs de CO2. On va y revenir. Il y a également une attention très particulière désormais du secteur financier sur la façon dont les business models s'installent et se développent. Nous devons également montrer des gages à ceux qui nous prêtent de l'argent pour nos activités et qui vont nous demander d'être performants en matière de critères RSE.

Ce que nous avons fait cette année, par exemple, ça a été de passer au crible les sites sur lesquels nous avons des activités de façon à examiner les risques physiques qu'ils peuvent présenter, puisque la durabilité, c'est déjà de regarder quels sont les risques auxquels sont exposés le groupe et comment nous allons y répondre. Donc, très simplement, regarder l'exposition aux risques physiques de nos sites, c'est aussi une façon de s'interroger sur ce qui peut représenter des éléments de fragilité et de regarder comment nous allons pouvoir traiter ces éléments pour que ces sites, tout simplement, deviennent des sites qui échappent le plus possible aux risques qui auront été identifiés. En matière d'impact, nous avons surtout cette année travaillé sur la trajectoire climatique.

Alors, dans un contexte qui était extrêmement contraignant en 2024, puisque le groupe a fait partie des premières sociétés concernées par la directive européenne dont vous avez certainement entendu parler, et je parle de la CSRD, qui demandait à investiguer beaucoup plus sur un grand nombre de critères, avec une exigence à la fois quantitative et qualitative. Et je salue au passage le travail des équipes qui ont beaucoup, beaucoup travaillé ces sujets pour permettre justement d'élaborer notre première trajectoire climatique qui va vous être présentée dans le slide suivant. Et c'était un exercice à la fois complexe puisque nous devions couvrir l'intégralité du périmètre du groupe et le regarder avec, je dirais, une attention particulière sur certains critères avec beaucoup d'éléments nouveaux. Mais c'est également un exercice qui nous a permis d'avoir un regard beaucoup plus large sur l'exposition du groupe aux risques climatiques.

Et en mesurant les émissions de CO2 qui sont aujourd'hui celles qui sont faites par le groupe et en l'inscrivant dans la durée pour regarder ce qu'il faudrait réaliser comme effort pour diminuer nos émissions de CO2, cela nous a permis d'aborder un certain nombre de sujets assez critiques sur lesquels désormais nous allons pouvoir travailler. Vous voyez ici le point de départ qui est l'année de base 2022, avec grosso modo 500 000 tonnes de CO2 émises par les activités du groupe. Et quand on applique la méthode scientifique que nous avons retenue, SBTI, moins 2 degrés à l'horizon 2030, nous avons un effort à réaliser de moins 26% dans les émissions de CO2.

Alors, dit comme ça, c'est un petit peu vague, mais quand on y regarde de près, on voit qu'on peut agir sur certains leviers, certains leviers qui ont déjà été identifiés, comme ceux qui sont à notre main sur les sites de production où nous pouvons réaliser des efforts ciblés pour être moins émetteurs dans l'utilisation de nos équipements de production, de notre appareil de production au sens large. Et ensuite, il y a tout le volume d'achats que nous réalisons, et c'est la partie qui aujourd'hui génère le plus de CO2. Et c'est la partie sur laquelle nous avons finalement le moins la main en direct, parce que nous ne pouvons pas, d'un coup de baguette magique, ni arrêter d'acheter à l'extérieur, ni faire évoluer l'intégralité des produits qui nous sont proposés.

Donc, il va falloir travailler avec les fournisseurs pour choisir ceux qui eux-mêmes vont s'engager dans des démarches responsables et qui vont eux-mêmes permettre de réduire les émissions de CO2, ce dont nous bénéficierons par voie de transitivité, je dirais. Malgré cela, l'ensemble des leviers identifiés ne permet pas de réaliser tout l'effort qui a été chiffré à moins 26% à l'horizon 2030. Vous voyez le petit carré bleu ciel sur le slide qui représente ce qui nous reste à trouver dans les années à venir, avec un certain nombre d'inconnues auxquelles il faudra répondre. Et tout n'est pas écrit d'avance. C'est effectivement un sujet sur lequel nous allons devoir encore travailler avec beaucoup de prudence aujourd'hui. Nous savons que nous pouvons faire une partie du chemin, mais que pour la deuxième partie, l'histoire reste à écrire.

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

J'aimerais apporter là-dessus, sur cet aspect, un propos complémentaire. Comme Joëlle Fabre-Hoffmeister l'a dit, votre maison existe depuis 153 ans. Elle est au cœur des mutations économiques depuis 153 ans à travers son engagement dans différents secteurs. Au cours des dernières années, la réglementation européenne est venue contraindre davantage les acteurs industriels européens présents en Europe, rapportant et établissant leurs comptes en Europe. Ça ne concerne pas les sociétés qui n'établissent pas leurs comptes centralisés en Europe. Et avec cette obligation de réduire en valeur absolue, absolue, les émissions. Je le dis, c'est une approche radicalement décroissante, puisque quand vous regardez notre schéma, on voit qu'en gros, tous nos efforts que nous arrivons à documenter et à quantifier sont absorbés par, évidemment, notre stratégie de croissance. Quelle est la conséquence de tout ça ? Je souhaite que, devant cette assemblée, nous soyons sans la moindre ambiguïté quant aux conséquences.

Comme nous le sommes devant nos salariés, comme nous le sommes devant les pouvoirs publics. La conséquence, elle est patrimoniale. Comme dirigeant de votre maison, j'estime qu'il n'est plus possible à long terme pour des propriétaires européens de sérieusement continuer à investir dans l'industrie en Europe. Quels que soient les discours publics sur ces sujets, quelles que soient les prétentions publiques sur ces sujets. Nous l'avons dit encore récemment au Ministre français des Affaires européennes qui était en visite sur notre site de la Linière de Picardie, il faut être conscient des conséquences. J'aimerais insister sur une comparaison. En quelques mots, les émissions mondiales de votre maison représentent un demi-million de tonnes équivalent CO2. Un groupe comme Publicis, qui pèse 20 fois notre chiffre d'affaires, lui, émet moins de CO2 que notre propre entreprise.

Il émet 300 000, à peu près entre 300 et 400 000 tonnes équivalent pétrole par an. Il y a donc un biais en faveur des secteurs des services dans cette réglementation qui est impérative. On parle de 2030, on ne parle pas de 2040. C'est une machine de guerre contre l'industrie européenne, quelle que soit la bonne volonté et le sérieux de l'ensemble de nos milliers de collaborateurs. La conséquence, elle est simple. C'est que si nous voulons atteindre ces objectifs et se conformer à ces objectifs, nous devrons désinvestir de nos actifs les plus industriels et les plus émetteurs, voire même de nos actifs qui sont paradoxalement les plus favorables à l'environnement et à l'écologie, comme par exemple notre branche fibre, puisqu'elle génère à elle seule près de 100 000 tonnes équivalent CO2 par an. Pourtant, on est au cœur de l'agriculture régénérative.

Ça veut dire très simplement que si nous voulons très efficacement réduire de 26% nos émissions, il suffit de réduire de 26% l'allocation de nos actifs dans l'industrie. Et compte tenu de cette réglementation, ce que je vous annonce, c'est que c'est ce qu'on va faire. Parce que nous n'avons pas le choix. Parce que nous n'avons pas le choix en termes de réglementation générale, parce que nous n'avons pas non plus le choix en termes aussi d'incorporation de cette réglementation dans les préférences exprimées par les financeurs des entreprises européennes. Parce que ça s'impose également aux banques européennes qui nous financent. Donc, faire du commerce mondial en étant basé en Europe est devenu ingérable. Ingérable.

Avec ces réglementations qui sont, je le redis, délibérément et volontairement bureaucratiques, décroissantes et qui peuvent même nous conduire à sortir de secteurs qui sont pourtant des secteurs d'innovation au sein même de dimensions environnementales. Donc, je le dis pour ne pas être ambigu. Et de la même façon que nous l'avons dit devant nos salariés encore il y a quelques semaines, qui en sont parfaitement conscients et qui en tirent eux-mêmes toutes les conséquences dans leur appréciation des engagements publics ou des engagements qui sont pris par les personnalités publiques devant eux dans le cadre politique. C'est un véritable danger pour l'industrie européenne. Donc, l'exercice effectivement de la trajectoire climatique que nous publions pour la première année est un exercice assez révélateur pour nous.

Vous allez trouver dans le chapitre 2 du document qui a été publié, donc le rapport de durabilité qui répond à notre obligation réglementaire et qui fait que nous avons cette année un auditeur de durabilité et un audit de durabilité qui a été réalisé. Donc, sur le slide suivant, vous trouverez dans ce rapport une... Est-ce qu'on peut passer au slide suivant ? Voilà une mention qui se réfère spécifiquement à cette trajectoire de durabilité et qui expose les limites dans lesquelles nous réalisons cet exercice cette année. Il n'y a pas que les engagements climatiques dans la démarche RSE et dans la démarche de durabilité.

Sur le dernier slide, et pour ne pas être trop longue, vous avez ici une représentation des engagements que nous prenons sur à la fois l'environnement naturel, sur les responsabilités en matière de développement humain et sur les engagements éthiques également du groupe, déclinés en cinq priorités parce que le champ est tellement vaste qu'il faut vraiment sélectionner ce qui nous paraît le plus important et ce sur lequel nous avons choisi de nous investir. Nous sommes déjà en train de travailler avec l'ensemble de nos métiers sur tous ces sujets. Vous trouverez beaucoup plus de détails dans le rapport de durabilité. Bien évidemment, je suis prête à répondre à vos questions si vous en avez. Merci beaucoup, Joël. Je propose que nous passions la parole. Félicitations pour... On va passer la parole peut-être d'abord à notre collège de commissaires aux comptes.

Et avant de vous présenter le nouveau site internet pour terminer la validation des comptes, je souhaitais également exprimer au nom du conseil nos félicitations à Joëlle Fabre-Hoffmeister et à toutes ses équipes pour le travail mené dans la construction de cette trajectoire qui est une véritable complexité bureaucratique, néo-soviétique et anti-économique. Mais une fois dit ça, nous sommes très heureux de passer la parole à notre collègue des commissaires aux comptes. Et surtout, on est très ambitieux dans ces domaines environnementaux, mais il y a aussi un réalisme économique qu'il faut quand même connaître. Et ceux qui font ces réglementations n'ont pas conscience que derrière nos machines, derrière nos matières, il y a des gens qui ont développé un savoir-faire depuis des décennies, qui s'est transmis parfois depuis des siècles. Je rappelle que Cilander est la plus ancienne entreprise textile d'Europe. Donc, ce n'est quand même pas rien.

Mais voilà, je pense qu'il y a une méconnaissance, peut-être même un mépris vis-à-vis de ces savoir-faire techniques. Et c'est plus facile de s'en prendre à une opératrice, indirectement bien sûr, à une opératrice qui porte une charge lourde et qui a développé un savoir-faire et qui travaille dans une usine textile à travers une réglementation que d'être lucide et sérieux. Et je tiens à souligner toute l'intelligence et le pragmatisme des équipes de Joël pour essayer de construire et de nous aider à construire une trajectoire qui est pertinente dans nos ambitions de développement. Merci.

François Guillaume Postel
Partner, Grant Thorton

Merci, Monsieur le Président. Mesdames, Messieurs les actionnaires, au nom du collège des commissaires aux comptes, je vais vous présenter les rapports que nous avons émis au titre de l'exercice 2024.

Alors, dans la mesure où ces rapports vous ont été communiqués dans le rapport annuel, je vous propose de vous en faire un résumé. Donc, nous avons émis cette année trois rapports : deux rapports sur les comptes sociaux et consolidés et un rapport spécial sur les conventions réglementées. Nos rapports sur les comptes se décomposent en plusieurs parties. D'abord, l'opinion et le fondement de cette opinion, des observations, le cas échéant, la justification des appréciations, les vérifications spécifiques et autres vérifications, et enfin un rappel des responsabilités de la direction et du gouvernement d'entreprise, ainsi que de la responsabilité des commissaires aux comptes. Alors, s'agissant des comptes sociaux, nous avons considéré que l'évaluation à titre de participation était un point clé de l'audit en raison à la fois de la significativité de ce poste dans les états financiers et des jugements nécessaires à la détermination de la valeur d'inventaire.

Nous avons élaboré une réponse d'audit portant sur la méthodologie de détermination de ces valeurs d'inventaire, à l'examen des prévisions et des hypothèses retenues par la direction et au caractère approprié des informations données en annexe. Sur ces comptes sociaux, donc, nous certifions que les comptes annuels sont réguliers et sincères au regard des principes comptables français et donnent une image fidèle du résultat et des opérations de l'exercice écoulé, ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice. S'agissant des comptes consolidés, nous avons considéré que l'évaluation des écarts d'acquisition était un point clé de l'audit en raison là aussi de la significativité de ce poste et des jugements qui sous-tendent la réalisation des tests de dépréciation.

Nous avons élaboré une réponse d'audit portant là aussi sur la méthodologie de détermination des valeurs retenues, l'examen des prévisions et des hypothèses qui sous-tendent ces tests de dépréciation, ainsi que du caractère approprié des informations qui vous sont données en annexe. Dans ce rapport, nous avons également émis une observation relative au changement de méthode relatif à l'évaluation des terrains et constructions et sur l'impact de la première consolidation de Swaine. Sur cette base, nous certifions que les comptes consolidés sont réguliers et sincères au regard du référentiel IFRS tel qu'appliqué dans l'Union européenne et donnent une image fidèle du résultat et des opérations de l'exercice écoulé, ainsi que de la situation financière et du patrimoine du groupe à la fin de cet exercice.

S'agissant de notre rapport sur les conventions réglementées, nous vous rappelons qu'il nous appartient de vous communiquer sur la base des informations qui nous ont été transmises, les caractéristiques, modalités essentielles et les motifs des conventions sans nous prononcer sur leur utilité et leur bien-fondé. Il vous appartient d'apprécier l'intérêt de ces conventions. Il ne nous a été donné avis d'aucune convention conclue au cours de l'exercice écoulé. S'agissant des conventions anciennes approuvées au cours d'exercices antérieurs, deux d'entre elles se sont poursuivies au cours de l'exercice 2024. Il s'agit de deux contrats de bail. La personne concernée est Monsieur Fribourg et les deux contrats portent sur des locations de bureaux. Un contrat de bail a été signé entre Chargeurs USA LLC et la société Chelsea Real Estate US Inc. et a représenté une charge de $419,699 en 2024.

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

Et le second contrat de bail a été signé entre Chargeurs USA et la Compagnie Immobilière Transcontinentale et a représenté une charge de 795 156 € en 2024. Voilà, je vous remercie. Compagnie Immobilière Transcontinentale, je pense. Merci beaucoup pour ces résumés. Est-ce qu'il y a un... Vous voulez dire quelques mots sur l'audit de durabilité, Olivier ? Sans vous prendre au dépourvu, mais il a été... Non, non, mais effectivement, ce rapport de durabilité est intégré dans le rapport financier. Il y a deux aspects de ce rapport de durabilité. Il y a effectivement tout le rapport de durabilité qui a été préparé par la société, sur lequel nous avons émis un rapport spécifique, sachant que c'est un élément global du rapport de gestion et que c'est un élément qui est couvert par les vérifications spécifiques qui ont été présentées à l'instant par François Guillaume.

Olivier Bucquen
CFO, Compagnie Chargeurs Invest

Donc, ce rapport de durabilité évoque différentes parties. La conformité sur trois aspects essentiels : la double matérialité qui a été évoquée précédemment, la conformité avec les ESRS, c'est-à-dire cet ensemble de normes que vous avez évoquées. Et puis, dernier point, un point qui est relatif à ce qu'on appelle la taxonomie verte. Et en fait, quelque part, l'éligibilité ou la conformité avec certaines obligations pour considérer que les activités sont conformes à certains critères écologiques. Donc, ce rapport a couvert l'ensemble des sujets avec un certain nombre de points d'amélioration parce que c'est un processus continu.

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

On reste sur un esprit d'examen limité, en fait, où en fait on se consacre essentiellement aussi aux axes de progrès et à la démarche de progrès des entreprises sur le sujet et où en fait ces observations sont ici là pour accompagner l'évolution dans un contexte normatif assez contraignant, comme vous l'avez évoqué. Voilà. Merci beaucoup. Merci à François-Guillaume Postel et à Olivier Boucher pour le travail mené par l'ensemble de vos équipes. Remerciez vos équipes en notre nom. Et d'autant plus que le calendrier des clôtures est maintenant accéléré par rapport à ce que c'était auparavant. Et donc, c'est un surcroît de travail. Voici, je vous propose que vous soit présenté très rapidement le nouveau site internet du groupe.

Et en appelant à la fois Adrien Loron et Thomas Colbert, qui en sont les artisans, et que nous remercions, et on verra si on les félicite après la présentation ou pas. Mais je pense que c'est aussi important pour vous dire voilà les améliorations, les innovations qui ont été portées pour mieux présenter, expliquer ce qu'est votre groupe. Et ensuite, on passera à la séance de questions avant de nous lancer dans les approbations de résolutions. Merci, Monsieur le Président. Bonjour à tous. Nous sommes ravis aujourd'hui de vous présenter en avant-première le nouveau site internet. Ce nouveau site internet a été conçu pour être le reflet de notre nouvelle identité, comme évoqué, avec pour maître mot, accessibilité et fonctionnalités. Accessibilité et fonctionnalités pour que vous, utilisateurs, vous puissiez trouver toute l'information disponible sur votre groupe de façon aisée et facile.

Je vais laisser la place à la parole à Thomas, qui a été l'architecte de ce nouveau site et qui va vous présenter du coup les différents items de ce nouveau site internet.

Thomas Colbert
Website Architect and Contributor, Compagnie Chargeurs Invest

Bonjour à tous. Donc, le nouveau site Chargeurs, qui est accessible prochainement, ce qui va remplacer le site actuel. Oui, prochainement. On retrouve cette nouvelle couleur, pardon, cette nouvelle charte graphique qui est vert et doré. Donc, vous voyez le vert un peu racing green, élégant, mais sobre à la fois. Tout en haut, vous avez une vidéo. Anne, si tu peux juste remonter. On a beaucoup de vidéos sur ce site maintenant, ce qui est vraiment immersif pour les gens. C'est-à-dire la vidéo en plus de la photo. Si on descend un petit peu, on a notre page d'accueil qui présente la société.

On retrouve aussi le portefeuille avec les différents business ici : culture, éducation. Et vous voyez, ça scrolle. Mode et savoir-faire et matériaux innovants. On peut cliquer directement dessus pour accéder à la page dédiée. On peut continuer ici. Vous avez ensuite les chiffres clés qui sont mis à jour régulièrement sur le site, avec toujours un call to action en bas à gauche, « en savoir plus », qui pointe vers la page dédiée. Et vous retrouvez à la fin les dernières actualités avec les communiqués de presse qui sont publiés ici. L'ensemble du site est disponible en français et en anglais, bien évidemment. Tout en bas, on a un footer où on peut retrouver quand même un numéro de téléphone et une adresse mail pour contacter. Et vous avez un lien vers la page LinkedIn du groupe qui est régulièrement mise à jour.

Tout en haut, nous avons ce qu'on appelle un sticky menu. Vous voyez, le menu est toujours accessible, même quand on descend en bas de la page. On a retravaillé l'arborescence pour quelque chose de beaucoup plus simple. Vous avez une partie présentation, héritage, gouvernance et stratégie durable. On va regarder la partie présentation ensemble. Donc ici, on peut descendre. Voilà, on retrouve les éléments importants de présentation du groupe. On peut retrouver les différents liens. À la fin, nous avons aussi une cartographie interactive qui permet de voir les grands chiffres du groupe. Donc là aussi, les chiffres sont mis à jour régulièrement. Et puis après, on a une partie Monsieur Fribourg ici qui présente également le groupe. Si on retourne dans la partie héritage, on a fait une frise qui permet de voir en clin d'œil les 150 ans de l'histoire du groupe.

Donc là, vous voyez, vous pouvez scroller et vous pouvez retrouver toutes les dates clés pour montrer que c'est quand même quelque chose qui est là depuis 153 ans. On retourne dans la partie à propos. On a la partie stratégie durable qui reprend tous les éléments qui ont été présentés tout à l'heure par Joël. Et notamment une bibliothèque, oui, voilà, une bibliothèque à la fin où vous pouvez retrouver en téléchargement l'ensemble des documents en PDF avec le rapport RSE 2023, etc. Ensuite, si on part dans la partie portefeuille, on a redivisé avec les trois structures. Donc là, on va regarder par exemple la partie personal goods. Et vous avez une page de présentation. On retrouve ici une vidéo de présentation. Vous descendez, vous avez un texte de présentation de l'ensemble des trois marques.

Et il est important de savoir qu'on peut cliquer sur l'ensemble des marques pour aller ensuite sur les sites de chacune des marques. On retrouve les chiffres clés. L'idée aussi, c'est d'avoir des templates qui se ressemblent entre les pages pour ne pas que les gens soient perdus avec des choses qui soient trop différentes. Là, on présente avec des très jolis visuels l'ensemble des différentes marques. Et après, on a une partie gouvernance aussi pour montrer qui gère au sein de l'entreprise le métier. On a une partie investisseur. Donc là, un petit peu plus de choses. Et là, vous allez retrouver toutes les informations essentielles en tant qu'actionnaire sur le site. On a retravaillé des choses pour les rendre plus simples. On ne va pas rentrer dans le détail, mais vous avez l'ensemble des informations ici.

Et si on passe sur la partie actualité, vous retrouvez l'ensemble des communiqués de presse dans le détail avec un filtre par date juste au-dessus. Donc là, on peut venir filtrer pour retrouver ce qu'on veut. Et si on clique sur une actualité, on peut la retrouver en français et en anglais. Vous avez un moteur de recherche tout en haut à droite. Le site aussi va être bien évidemment protégé contre toutes les cyberattaques. Là aussi, on a pas mal de normes qui sont en train de sortir. Et tout ce qui est accessibilité aussi par rapport au contraste, aux navigations par clavier, le site sera 100% accessible. J'en ai fini, merci. Merci beaucoup. Et je pense que c'est un très bon apport et une très bonne modernisation. Et il est important, la dernière actualisation du site devait remonter à 2019.

On est donc aujourd'hui six ans plus tard. Et c'était le bon moment pour aider l'ensemble de nos parties prenantes à s'y retrouver. Je vous propose de passer, et donc félicitations pour cette très belle réalisation. Il sera mis en ligne aujourd'hui, c'est ça ? Dans les prochains jours. Dans les prochains jours, d'accord. Bien. Je vous propose de passer aux questions. Et je sais qu'il y a une question d'abord, Monsieur. Peut-être si vous pouvez avoir pour l'ensemble de l'assemblée la gentillesse de vous présenter pour introduire votre question. Et démarrons maintenant. Alors pardon, il y avait Monsieur avant vous, excusez-moi, qui avait levé la main tout à l'heure. Donc si, voilà. Merci.

Jean-François Delcaire
Investor, HMG Finance

Oui, bonjour Monsieur le Président. Je suis Jean-François Delcaire. Je représente les fonds communs de placement d'HMG Finance. Nous possédons environ 190 000 actions Chargeurs. Enfin, maintenant Compagnie Chargeurs Invest.

D'abord, bravo aux équipes pour le fort rebond des résultats. Bravo au conseil pour cette très intéressante matrice stratégique. Ça, je trouve ça, je n'ai jamais vu ça ailleurs. Ça, c'est très bien. Et puis, bravo aux intervenants pour ces exposés qui sont très professionnels et très détaillés. J'ai trois questions. La première, c'est un petit peu le changement, je ne vais pas dire de raison d'être ou de mission, mais qui me semble être plus financier. Vous parliez d'être développeur d'actifs. Est-ce que ça implique une rotation d'actifs supplémentaires et notamment peut-être hors de l'industrie ? Puisque je reboucle avec ce que vous disiez en fin de propos. Ça, c'est ma première question. La deuxième, c'est l'IA quand même. L'IA, moi, ça me semble très très important.

Donc, je voudrais savoir où est-ce que vous en êtes du déploiement de l'IA dans tout le groupe. Et quel gain de productivité vous avez déjà enregistré ? Je sais que souvent, les sociétés expliquent qu'elles travaillent dur, mais que pour l'instant, en fait, il n'y a pas grand-chose. Et moi, j'aimerais savoir si on peut espérer des gains importants de productivité grâce à l'IA dans différents endroits du groupe. Et puis, la troisième question, bien évidemment, c'est la question clé d'aujourd'hui, d'actualité, c'est les tarifs douaniers.

Voilà, est-ce que vous pouvez rappeler un petit peu les impacts, les sensibilités, notamment directes aux États-Unis, mais aussi indirectes en termes de macroéconomie, de sensibilité au cycle, de taux de change et puis de pétrole, puisque je crois que les cours du pétrole sont un intrant important pour le groupe. Et puis enfin, un propos, mais ce n'est pas une question, c'était vous féliciter pour votre parole libre, parce que je partage le constat qu'il faut un équilibre entre le réalisme économique industriel et puis certaines contraintes environnementales, parfois seulement européennes. Voilà, merci. Merci et merci pour votre fidélité aux côtés des différentes étapes de mutation du groupe.

François Guillaume Postel
Partner, Grant Thorton

Il y a les maisons que vous représentez nous sont fidèles, comme beaucoup d'actionnaires ici, et je tiens à le souligner et à dire que nous l'apprécions et que ça compte énormément pour nous. Et nous avons fait le choix de rester de rester côté. Donc, on a l'appétit d'avoir aussi à nos côtés des partenaires qui comprennent bien quels sont les jalons qu'on essaie de déployer. Première question, changement de raison d'être ou changement d'étape, j'ai envie de dire. Voilà bientôt dix ans que Chargeurs dispose d'un nouvel actionnaire de référence, puis de contrôle, d'équipes qui ont été entièrement renouvelées, d'un portefeuille de métiers qui a été assez profondément modifié. Et sans ambiguïté, la réponse est oui, sur la rotation d'actifs.

L'objectif de ces matrices, c'est de se dire très modestement, très clairement, est-ce que nous nous estimons en meilleure capacité d'être le meilleur actionnaire pour chacune des affaires que nous développons ? Ce n'est pas une réponse qui est évidente ou qui est constante dans le temps. Parce que si vous avez développé une affaire, que vous l'avez fait traverser un certain nombre d'aléas macroéconomiques, bien, à chaque fois, c'est un organisme vivant, il faut se poser la question. Donc oui, la réponse est oui. C'est notre intention. La priorité, c'était le rebond organisé, le rebond d'activité et l'amélioration de performance quand on avait été heurté, on l'a dit.

Michaël Fribourg
CEO, Compagnie Chargeurs Invest

Mais nous avons le désir de conserver des activités industrielles, mais pas dans tous les secteurs. Pas dans tous les secteurs parce que nous estimons que nous ne sommes pas en capacité de nous battre en étant, pour résumer, basés en Europe avec des financements européens et à faire du commerce mondial, à nous battre à armes égales avec d'autres acteurs qui sont basés ailleurs, qui peuvent être américains, qui peuvent être asiatiques et qui n'ont pas les mêmes contraintes. Donc ce n'est pas un raisonnement d'une sophistication intellectuelle débordante, mais c'est juste un raisonnement pratique. Et le temps est venu pour nous d'extérioriser de la valeur quand c'est pertinent et possible. Et puis évidemment, nous le redéploierons.

Jean-François Delcaire
Investor, HMG Finance

C'est pour ça qu'aussi on a présenté et on présente maintenant les métiers sous logique de plateforme. Plateforme, c'est l'idée qu'on a un point d'appui et qu'on peut aller se développer. Et donc on a des plateformes, et je n'entrerai pas davantage dans le détail, où clairement on estime qu'un groupe indépendant à actionnariat familial et institutionnel a parfaitement les capacités de faire quoi ? Parce qu'au final, c'est quoi l'enjeu derrière cette question ? Le chargeur des dix prochaines années, il n'est pas là pour transformer des PME en ETI. Parce que ça, on l'a déjà des ETI. Donc on a déjà une Mittelstand de Mittelstand. Donc ce n'est pas ça l'enjeu. L'enjeu, c'est de se dire, dans les plateformes dans lesquelles on joue, comment on transforme nos ETI maintenant en grands groupes ?

Comment on en fait des sociétés, pas seulement de plusieurs centaines de millions d'euros d'activité rentable, mais aussi de plusieurs milliards d'euros d'activité rentable, par différentes stratégies qui mobilisent des techniques opérationnelles, des développements organiques, mais aussi des ingénieries financières. Et donc, clairement, là où on est, c'est là où on pense qu'on peut créer maintenant, transformer des ETI en grands groupes. Et je sais que c'est une problématique très française de dire, bon, on manque d'ETI. Bon, moi, nous, on en a quatre. Donc on laisse à la France ses problèmes en la matière. Et nous, on s'occupe maintenant de transformer certaines de nos ETI en grands groupes. Donc voilà, j'espère que ça répond clairement à votre première question.

Et je le dis d'autant plus que c'est une approche, c'est une stratégie que nous avons en complète transparence avec l'ensemble de nos collaborateurs et salariés. Donc il n'y a pas une feuille de papier à cigarette de différence entre ce que nous disons quand nous sommes ici devant l'assemblée générale, devant les actionnaires et associés que nous avons finalement, vous êtes les uns et les autres nos associés au sein de Chargeurs. Donc c'est important. Et ce qu'on dit à l'ensemble de nos talents qui transforment les ressources qu'on met à leur disposition. Deuxièmement, l'intelligence artificielle. Alors on a des secteurs où c'est d'un usage aujourd'hui complètement naturel. Museum Studio est un utilisateur, c'est un élément de gain de productivité énorme, bien sûr. Ça transforme évidemment le champ de concurrence, c'est un plus, bien sûr.

Dans les activités industrielles, dans les activités de back office, de contrôle aussi, c'est un bon outil. Et je ne dirais pas qu'aujourd'hui on est frustré des gains de productivité qui seraient insuffisants en la matière. On commence à l'utiliser dans un certain nombre de domaines très opérationnels, qui vont de la logistique à la planification productive, en passant par certains éléments d'analyse financière.

Mais voilà, en tout cas, on a nous des métiers d'évidence, notamment nos métiers les plus axés sur les services, qui le mobilisent, mais qui on était déjà un peu pionniers, y compris, vous voyez, dans nos activités textiles où on l'utilisait pour le technical design avec des interfaces qui permettaient de modéliser de façon digitale et de mettre en série finalement l'ensemble des données pour digitaliser complètement le process de sélection des matériaux proposés aux clients. Je peux... Et Olivier, oui, tu veux ajouter? Oui, bien sûr. Peut-être même deux exemples très rapidement en la matière.

Chez Novacel, comme chez Chargeurs PCC, on a en fin de chaîne d'induction ce qu'on appelle la visite, c'est-à-dire un contrôle de qualité sur les films qui sortent et sur les textiles. Et jusqu'à il n'y a pas très longtemps, ces contrôles se faisaient de façon humaine avec des opérateurs qui visuellement essayaient de détecter, détectaient, je vais être positif, les éventuels défauts qui pouvaient survenir. Aujourd'hui, on le fait avec des caméras sur base d'intelligence artificielle, donc qui s'auto-améliore, j'allais dire, d'heure en heure, et qui, évidemment, nous ont fait gagner énormément en productivité et en qualité d'ores et déjà. On travaille aussi sur une réflexion plus générale de l'optimisation de la production entre nos différents sites chez Novacel, et on le fait avec l'intelligence artificielle.

Dans un tout autre registre, dans les services de la maison mère, avec Jérôme, on a fait faire un audit de l'ensemble de notre équipe et de nos activités finance par des experts d'intelligence artificielle, et on commence à la déployer, par exemple, dans tout ce qui est contrôle de gestion, contrôle de la performance, communication financière, et là aussi, ça nous fait gagner en productivité et en qualité. Merci, Olivier. Alors, troisième sujet, les grandes mutations du commerce mondial. C'est un vaste programme. Bon, Chargeurs, c'est un acteur, et la compagnie Charger Invest a un portefeuille d'activités qui est clairement immergé dans le commerce mondial.

D'abord parce qu'on est concurrent, puis parce que parfois aussi on est un peu contraint, vu qu'on a des concurrents sur notre propre territoire domestique ou régional, on est obligé d'aller compenser et de chercher des marchés au bout du monde. Ce qui n'est pas d'ailleurs toujours très fantastique en termes de bilan carbone. Je vous ferai deux réponses distinctes entre les impacts et mon opinion sur le sujet. Peut-être en commençant par mon opinion sur le sujet. Assez paradoxalement, je pense que les grandes zones économiques ont été extrêmement naïves en matière de commerce international et que, oui, les États-Unis ont aujourd'hui le sentiment d'avoir subi une forme de naïveté. Je m'étonne un peu que l'Europe n'ait pas le même sentiment. Vous prenez l'histoire de votre maison, certains sont actionnaires ici depuis plusieurs décennies.

Nous avons laissé grande ouverte nos portes commerciales à des concurrents qui étaient subventionnés, qui bénéficiaient de logiques de dumping, qui bénéficiaient de prêts qu'ils n'avaient pas à rembourser. Enfin, nous, on était obligé de rembourser nos prêts, de surveiller nos fonds propres et d'être performants. Donc non, le commerce mondial ne s'est pas joué à armes égales. Il y a un problème de leadership dans l'analyse de la chose. Je suis heureux de constater que le G7, qui est une création française, n'a même pas été mobilisé dans le contexte actuel des débats commerciaux. Il me semble que c'est un sujet assez grave qui aurait mérité une réunion des grands dirigeants des zones économiques et commerciales pour être menée. Mais bon, visiblement, ils ont mieux à faire. Tant pis pour nous.

Je suis un des dirigeants qui clairement estime que quand nous développons des savoir-faire, s'il vous plaît, excusez-moi. Quand nous développons des savoir-faire dans nos territoires, ces savoir-faire ne doivent pas être laissés ouverts aux quatre vents. Bon, donc ça, c'est un premier considérant. Sur les impacts, bien évidemment, nous sommes, alors d'abord les premiers touchés par les décisions américaines. Et je vous invite à, si le sujet intéresse beaucoup de gens, je vous invite à lire un très bon article de Monsieur Nicolas Jambréon, qui a été publié dans le Figaro ce week-end, qui je trouve résumait parfaitement la situation.

D'abord, les premières victimes de ces décisions américaines, ce sont les entreprises américaines qui sont importatrices massives de biens venant d'autres territoires que les États-Unis, avant même que ne soient impactées les filiales américaines de sociétés non américaines. Donc il y a un équilibre qui va se jouer, une négociation qui va se jouer. Pour mesurer un peu les échelles d'impact direct, je pense que c'est assez intéressant et c'est votre question qui est évidemment pertinente. Pour nous, si on prend notre activité film de procédé, sans translater le coût à nos clients, c'est un impact que je dirais à peu près de 5 millions d'euros par an, si en année pleine, si le taux restait ce qu'il est, et si on ne transférait pas, ce qu'on n'a pas particulièrement de raison de faire, la charge à nos clients.

J'aimerais vous prendre une comparaison. Quand la guerre en Ukraine est intervenue à grand renfort d'autocélébration européenne, qui expliquait qu'on allait mettre à bas d'autres économies et que nos économies allaient souffrir, je rappelle que l'ancien ministre français, Bruno Le Maire, avait expliqué qu'il mettrait à terre d'autres économies. Bien, les prix de l'énergie ont explosé, vous vous en souvenez. Au pic de cette crise, l'impact annuel pour le même métier sur le surcoût d'énergie était compris entre 10 et 15 millions d'euros, c'est-à-dire à peu près trois fois l'impact de ces taux de change. Et personne n'a levé le petit doigt. Personne. Personne. Et les industriels européens auraient pu mourir.

Et nous, nous avons pris sur nous à la fois de nous organiser, de nous structurer pour faire face à ces défis, pour faire face toujours encore à ces volatilités, parce que je rappelle qu'il y a d'immenses volatilités sur ce marché, qui n'est pas régulé, et donc on se demande bien ce que fait l'Europe. Donc, bon, nous, notre analyse fondamentale, c'est qu'il va y avoir des négociations, des rééquilibrages. J'observe que l'Union européenne a proposé hier une union douanière, ce qui ressemble à une union douanière avec les États-Unis, c'est-à-dire une absence totale de droits de douane entre les deux zones. Je ne suis pas totalement sûr que les Américains souhaitent la chose. Notre estimation, c'est qu'un taux à peu près normal devrait se situer autour de 10 à 15% de droits de douane. Pas 20%, mais 10 à 15%.

Si vous êtes attentif, et je le sais que vous l'êtes, dans la présentation par le président Trump de ces nouveaux droits de douane, il y avait un tableau qu'il a soigneusement présenté, que tout le monde a regardé, mais que personne n'a lu. Et quand vous le lisez, que vous regardez la deuxième colonne, et l'estimation des droits de douane auxquels sont soumis les Américains, il y a marqué, et pardon de cet anglais, tarif, barriers to entry, et il y a un troisième point que personne n'a relevé, mais qui s'appelle currency manipulation. Les Américains estiment donc qu'en fait, les autres zones monétaires manipulent leur monnaie aux dépens des États-Unis. Je ne me prononce pas sur ce sujet, mais les Américains estiment que le dollar est surévalué.

Et donc, ce qui est en jeu derrière ce débat sur les droits de douane, c'est clairement un sujet sur le traitement du dollar comme monnaie de réserve dans un certain nombre de zones. Et on a au sein de notre conseil beaucoup d'experts sur ces sujets. Et deuxièmement, c'est le sentiment qu'il faut un accord pour que les monnaies soient dans une certaine manche. Et sur ce propos, je rappelle qu'en 2017, pour 1 euro, vous aviez $1,18, $1,20. Aujourd'hui, c'est $1,10. Donc, du point de vue des Américains, ils disent qu'il y a eu un bénéfice miraculeux, finalement, de compétitivité pour les Européens. Et à ces niveaux, on exportait, donc ça équivaut à 10% d'écart de prix comme de droits de douane.

Donc je pense qu'il ne faut pas s'exciter, il faut un peu de sang-froid, il faut un peu de méthode. Nous, on nous avons demandé il y a même pas un mois, quand on a eu la visite du ministre des Affaires européennes, qu'en prévision de ces droits de douane, et rien n'a été fait d'ailleurs, qu'en prévision de ces droits de douane, il y ait une négociation sérieuse entre la France et l'Allemagne, qui sont les deux pays les plus concernés quand même, pour ne pas sacrifier l'industrie française sur l'autel de l'automobile allemande, pour résumer les choses. Et j'observe là encore que rien n'a été fait.

Tout ça, tout ce que je dis quand j'exprime un peu ces regrets, il faut quand même dire, Olivier l'a souligné, on a investi près de €100 millions en France. Nous ne nous sentons pas considérés dans les investissements que nous avons consentis. On se sent même pris pour des imbéciles. Et donc, vous, actionnaires, vous êtes pris pour des imbéciles. Pas par nous, mais par les autorités publiques qui vous créent ce cadre-là. Donc, il y a un problème. Sur le pétrole, nous, on translate complètement le prix du pétrole. Donc là, il n'y a pas d'incidence, droits de change, taux de change inclus ou pas. Pour moi, le sujet clé est un sujet qui tourne autour des taux de change.

Je pense qu'il va y avoir une demande américaine pour avoir l'équivalent des accords du Plaza. Pour ceux qui s'en souviennent, c'est des accords qui encadraient et enchâssaient l'évolution des taux de change dans certaines fourchettes en 1987. Et les conditions me semblent assez réunies pour qu'il y ait une telle donne en échange d'une baisse relative des taux de change. Mais des droits de douane, mais les Américains, à juste titre, considèrent les droits de douane comme une recette fiscale. Ils ont raison, c'est une recette fiscale.

Ce n'est pas parce qu'on s'est fait à Hakiri et que finalement, ce qui a été fait en Europe depuis maintenant plus d'une vingtaine d'années, c'est de supprimer les taux de change et de baisser les barrières douanières, donc de baisser ces recettes, de laisser venir toutes les marchandises subventionnées de partout sur nos territoires, et les services aussi d'ailleurs, puisque je rappelle qu'on importe davantage de services que de produits. Et puis puisque ces recettes ne sont plus là, ce sont ceux qui ne peuvent pas bouger, ce sont les ressources qui ne bougent pas, c'est-à-dire les particuliers qui sont venus remplacer ces recettes sur les marchandises. Donc ceux qui ne peuvent pas bouger et qui sont les plus contraints ont payé pour ceux qui pouvaient bouger et qui étaient subventionnés. Donc il y a un gros problème autour de tout ça.

Ça crée beaucoup de désordre aujourd'hui, mais c'est un véritable défi. Pas pour nous, on est déjà mondiaux, on produit dans les zones où on vend pour l'essentiel, mais voilà, nous on estime qu'on a le droit aussi d'avoir d'être dans des territoires où on investit, où on se sent protégé. Quand il y a des textiles étrangers qui déferlent en Europe, bah ça ne fait pas les affaires de votre maison. Donc non, on aimerait qu'il y ait une réponse qui soit un peu moins naïve que les discours actuels. Voilà, j'espère que ça répond à votre troisième question. Monsieur, vous aviez une question. Bonjour, je suis actionnaire individuel.

Tout d'abord, je tiens à féliciter Monsieur Fribourg pour la clarté de ses exposés, sa grande franchise à s'exprimer et de nous donner effectivement un éclairage tout à fait intéressant sur la conjoncture actuelle. Ma question, je ne suis peut-être pas actionnaire depuis 153 ans, mais par voie familiale sans doute plusieurs décennies. J'avais une question : de quelle manière considère-t-on l'actionnaire individuel ? Car en arrivant au bureau d'émargement sur une de mes banques, j'ai pu effectivement obtenir un certificat de détention de titres qui m'a permis d'accéder à la salle. Par contre, pour l'autre, j'aurais aimé pouvoir bénéficier d'un vote access, qui est un moyen excessivement facile pour l'actionnaire individuel de venir en assemblée. Il est vrai, si vous voulez, que le fait que je suis actionnaire depuis un certain temps me rend un peu nostalgique sur le cours de 28 € en 2021.

Et ma question porte sur l'OPA que vous avez lancée à 12 euros. C'est vrai que vous avez sans doute eu le bon timing pour lancer cette OPA, profitant d'un creux de vague sur le cours de la bourse. Toutefois, il est vrai que votre OPA ayant eu une bonne réussite, quel va être le devenir des actionnaires individuels un peu plus tard ? Puisque si on veut rester fidèle, et c'est vrai qu'on a un petit peu peur par rapport à vos exposés, je pense que l'actionnaire individuel est quelque chose qu'il faut considérer dans la sauvegarde de l'entreprise que vous êtes. Voilà, et donc pour finir, bien effectivement, je pourrais suivre non seulement vos explications de ce jour, mais aussi à travers votre site. Je pense que je serais très attentif. Il me paraît être tout à fait convivial, ce site. Je le regarderai.

Merci beaucoup pour l'ensemble de vos propos et pour votre fidélité familiale. Alors d'abord, sur Access, moi je suis tout à fait disposé à ce que l'an prochain on mette en place le dispositif Access. Je ne suis pas expert de la chose. Je comprends que c'est une technicité, mais nous n'avons aucune objection de principe à le mettre en œuvre. Donc mettons-le en œuvre. Deuxièmement, nous avons fait le choix de rester cotés. Ça fait partie de l'histoire de Chargeurs, qui est une des plus anciennes sociétés de la cote en France et en Europe. Nous avons la même nostalgie que vous, mais en même temps, nous bâtissons l'avenir. Donc on est ambitieux. Il est certain qu'il y a une très forte décote du cours de bourse par rapport à l'actif net réévalué.

Et notre travail, vous l'avez compris, est de faire vivre et d'extérioriser l'actif net réévalué, de l'exprimer, comme on dit. Est-ce que l'avenir de Chargeur ne passe que par la Bourse de Paris ? Je pense que la réponse est non. Non pas pour que Chargeur ne soit plus coté à la Bourse de Paris, mais il y a un problème sur la Bourse de Paris pour les sociétés qui ont le profil de Chargeur et de ce qu'est aujourd'hui la compagnie Chargeur Invest. Avec finalement deux profils aujourd'hui d'investisseurs. Nous avons des investisseurs institutionnels qui représentent à peu près 10% du capital de votre maison. Et nous avons des investisseurs individuels qui représentent une vingtaine de pour cents du capital de la société.

Ces actionnaires sont des actionnaires fidèles, longs, et où la Bourse de Paris ne leur offre pas nécessairement le schéma de contrepartie totalement adapté quand ils ont, de façon légitime, des besoins de liquidités, besoin de vendre leurs titres. Il y a d'autres places financières sur le continent européen qui sont mieux organisées pour organiser ces liquidités et, du coup, mieux valoriser. Quand il y a des besoins de liquidités, les schémas, ça s'appelle des modèles un peu plus dits OTC, mais pas au sens de ce qui s'est pratiqué en France, pas de façon efficace. Mais quand vous avez, par exemple, dans d'autres territoires, des investisseurs institutionnels qui ont besoin de liquidités, ils vont appeler le broker et ils vont dire : « Bon, j'ai 2% du capital de la société, 1% du capital de la société, j'aimerais les vendre dans le mois. »

Et au lieu de les écouler sur le marché, en fait, le broker va, parce qu'il y a une structure d'épargne en face, notamment, par exemple, de fonds de pension longue, suffisamment structurée, qui va précisément acheter ces blocs. C'est-à-dire qu'au lieu de vendre par l'unité, il va y avoir plus de ventes par bloc. C'est un dispositif qui nous semble extrêmement intéressant et qui nous conduit, nous l'avons dit lors de la présentation des comptes annuels, à explorer un scénario de cotation secondaire sur une place complémentaire à Paris pour justement offrir un champ de liquidités plus large et d'appétit plus large que ce que nous avons aujourd'hui sur la place de Paris, qui est une place totalement ravagée pour les sociétés, les grosses PME cotées. Et il y a des amours très forts, très forts sur Paris.

Et parmi les places que nous regardons, il y a notamment Londres et Zurich qui présentent un certain nombre de caractéristiques intéressantes. Donc on est en train d'évaluer la chose, mais il n'est pas du tout impossible que nous retenions la possibilité, justement pour mieux conforter nos actionnaires individuels, pour leur offrir finalement, pour élargir le champ, parce que si vous voulez, nous, on a des actionnaires individuels qui sont principalement français. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux sont français, mais ne sont pas plus nécessairement, enfin en tout cas, ne sont français d'origine, mais ne sont plus nécessairement vivants en France. Et donc ils sont toujours vivants, mais pas en France, pour être précis. Et donc, nous aimerions élargir la base d'actionnaires institutionnels ou individuels ou familiaux susceptibles d'être intéressés par Chargeurs à d'autres places.

Et les deux que j'ai cités correspondent pas si mal à la chose. Bon, et puis il y a des questions de valorisation. Il y a des places qui se valorisent mieux que d'autres. Je rappelle qu'à Zurich, les valorisations boursières sont entre 14 et 16 fois l'EBITDA et à Paris, entre 7 et 9. Donc il y a quand même un écart stratosphérique. Pourquoi ? Parce qu'il y a aussi de l'épargne longue, il y a des fonds de pension sur place, et même chose en Angleterre. Donc on prend tout ça très au sérieux.

On prend ça aussi très au sérieux pour pouvoir permettre, je reboucle un peu avec mon propos, l'OPA, il a été mené par évidemment notre groupe familial, mais aussi par un autre groupe familial qui est la famille Dassault, et qu'on remercie, mais aussi des grands investisseurs institutionnels qui sont français, mais qui sont venus dans nos écosystèmes non cotés, qui ne seraient pas venus dans l'écosystème coté comme actionnaires. Ils préfèrent être dans l'écosystème très long terme non coté. Et donc on veut aussi pouvoir faire accéder Chargeur, qui est un groupe mondial, qui est un groupe qui opère mondialement, à un écosystème complémentaire.

Je pense qu'on est très bien accompagné depuis l'écosystème français, mais on a besoin d'être accompagné dans ce que nous faisons aussi par un écosystème plus large, institutionnel et familial aussi, qui ne soit pas exclusivement français, car je rappelle que nous avons 95% de notre chiffre d'affaires hors de France. Donc nous nous considérons l'ensemble de nos actionnaires. Chaque actionnaire a une voix et donc c'est évidemment extrêmement essentiel pour nous. Est-ce qu'il y a d'autres questions ? Allez-y. Monsieur le Président, je vous souhaite en attendant une année 2025 avec une bonne santé, parce que c'est vrai qu'elle va être, je pense, assez ardue cette année à venir. Et puis je voulais vous poser deux petites questions.

Une première, au niveau technique, est-ce que ça serait possible de se pencher un petit peu, puisque j'ai vu que vous m'aviez envoyé un avis comme quoi vous avez sorti de nouvelles membranes ? Je trouve que l'utilisation du terme membrane à la place du terme film est peut-être porteur. Donc je pensais que vous pouviez peut-être vous intéresser aux membranes dans les batteries, entre autres lithium. Mais est-ce qu'avec les contraintes du RSE, ça risque d'être peut-être difficile de ce point de vue-là ? Et autrement, que pensez-vous du statut des SCR, c'est-à-dire des sociétés de capital-risque ? Alors, merci beaucoup d'abord, Monsieur Corbin, pour votre grande fidélité, et à vous et à votre épouse. Sur les membranes, en fait, ça concerne... Les membranes concernent nos activités textiles. Nous avons regardé et été sollicités sur les sujets des films pour batteries.

Je rappelle que le groupe Bolloré lui est très impliqué dans ce domaine. On a considéré que c'était un domaine très capitalistique qui n'était pas compatible avec notre propre stratégie. Par contre, les membranes que nous développons ont des applications soit aéronautiques, soit militaires. Et là, c'est des potentiels qui sont assez importants, et aussi d'ailleurs dans le domaine du sport. Mais voilà, donc on a aujourd'hui une capacité importante là-dessus. Olivier l'a, Jérôme l'a mentionné rapidement tout à l'heure, on a tout un travail qu'on mène sur les textiles techniques pour être plus fort sur ces domaines. Ce n'est pas un travail du tout achevé, il est en cours.

C'est un investissement à la fois en OPEX et en CAPEX, qui nous coûte un peu, mais on pense qu'il sera terminé au milieu de l'année prochaine, qui va passer par d'autres acquisitions, d'autres petites consolidations, des achats de brevets. On essaie de mixer un peu toutes ces solutions pour se créer un pôle solide. Et un pôle solide qui soit notamment solide dans la direction du domaine de la défense. Donc c'est ce que nous faisons activement, et on fera sans doute dans l'année des annonces sur ce domaine. Donc les batteries, non, mais la défense, oui. Sur les SCR, alors c'est un statut, je le rappelle, fiscal.

Je rappelle que nous avons des déficits fiscaux extrêmement importants, que le régime de SCR est beaucoup plus utilisé par des institutionnels pour leurs filiales d'investissement, moins par des sociétés avec des actionnaires diversifiés. Nous n'avons jamais mis à l'étude l'option de basculer en modèle de SCR, parce que nous avions ces déficits reportables très importants qui nous neutralisent nos plus-values, en fait, à long terme. D'autant que les assiettes de plus-value sont assez basses, comme vous le savez. Enfin, les assiettes de prise en compte pour le calcul fiscal, l'impôt sur les plus-values est assez bas quand c'est une plus-value à long terme.

Donc on a encore un petit peu de marge, mais ça aurait pu être, si nous n'avions pas tous ces déficits reportables, ça aurait pu être un sujet, mais on a encore à peu près 200 millions d'assiettes. Donc avant de manger les 200 millions d'assiettes, ça veut dire qu'il faut qu'on ait fait beaucoup, beaucoup de plus-values. Voilà, mais c'est de très bonnes questions. Il y avait d'autres questions ? Oui, bien sûr. Oui, bonjour. Monsieur Gender, actionnaire individuel, c'est la première fois que je viens. Merci, présentation extrêmement intéressante, en particulier les matrices. Quand on regarde vos matrices, on comprend, et même dans la présentation, on voit bien que Novacel, même si c'est une grosse part de votre chiffre d'affaires, vous le présentez en bas.

Et quand on regarde la matrice de Novacel que vous avez dans le petit livret, on voit bien qu'elle ne correspond pas exactement à la matrice idéale que vous souhaitez. Moi, j'avais une question sur la résolution 4 et 16, c'est-à-dire que vous baissez votre port à nouveau de €45 millions et vous augmentez le capital social qui passe de €3 millions à €298 millions. Est-ce que vous pouvez nous dire quel est l'intérêt pour nous, actionnaires ? Effectivement, moi, je suis vraiment pour le fait qu'on réduise les reports à nouveau. J'avais une question sur vos déficits fiscaux. Il y en a à peu près, je crois, pour €79 millions, c'est page 180 de votre rapport annuel. Je voulais savoir si c'était comptabilisé dans l'ANR tel que vous le calculez. Et après, j'avais une autre question concernant votre salaire.

J'ai vu qu'il y avait à peu près €180 000 ou €190 000, €15 000 par mois, €15 800 de frais de résidence à l'étranger. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus ? Voilà, mes questions. Et si sur le dividende en actions, est-ce que l'actionnaire majoritaire compte utiliser cette option ou ne sait pas encore ce qu'il va faire ou peut nous le dire ? Voilà, merci. Alors, il y a quatre questions, finalement. C'est bien. Et bienvenue parmi l'actionnariat. Bon, Novacel et le pôle matériaux innovants et dans la matrice stratégique, ça fait partie des réflexions que nous avons sur le portefeuille d'actifs. Deuxièmement, sur le capital social, en fait, il y a une incorporation des réserves, plus exactement au capital social, tout en laissant une marge de distribution assez importante.

Pourquoi nous faisons ça ? Parce que le capital social nominal de Chargeur n'était que de quelques millions, parce que les réserves n'étaient pas incorporées au capital. Et quand on est à l'international, c'est quand même mieux de pouvoir présenter la réalité de nos fonds long terme disponibles. Et comme on le disait, on a plus de €300 millions de fonds propres, donc montrer qu'on a à peu près €300 millions de capital social et qu'on en a la capacité, c'est un bon message pour l'ensemble de nos contreparties. Parce que sinon, en fait, Chargeur SA, qui est la tête de pont, en fait, vous êtes actionnaire de Chargeur SA, la maison mère de l'ensemble de nos activités, qui présente des comptes consolidés, mais c'était pour réaligner un peu les logiques consolidées et sociales.

Troisièmement, donc sur les réserves, effectivement, on incorpore des réserves, mais on se laisse un peu de réserves. Sur les compensations en rémunération, effectivement, le groupe est international, ce qui impose certaines résidences internationales et une multilocalisation qui, pour résumer les choses et sans rentrer dans le détail, aux bornes du groupe, les changements intervenus font que le coût global de la rémunération de votre serviteur aux bornes du groupe, en fait, baisse de 15%. En ce compris, cette compensation spécifique, mais vous comprendrez que pour des raisons de sécurité, évidemment, je ne rentrerai pas dans le détail davantage.

Mais sachez que par rapport à la situation antérieure, le coût global, tout compris, parce qu'il y a tout, il y a les charges, il y a tout, le coût global, lui, baisse de 15% en ce compris, à peu près 15%, en ce compris cette compensation qui a été décidée par le Conseil et proposée par le Comité des rémunérations. Et les déficits fiscaux, est-ce qu'ils sont comptabilisés dans l'ANR? Oui, alors ils sont comptabilisés pour un bout, si je ne m'abuse, dans l'ANR, via une partie des DCF, si je ne m'abuse. Donc c'est intégré dans l'impact cash flow des DCF, mais tout n'est pas DCF non plus. Ce n'est qu'une des méthodes d'évaluation parmi d'autres. Mais donc ça doit peser pour un bout, et évidemment.

Et ce qu'on ne valorise pas, peut-être, là-dedans, c'est la valeur temps, si on les utilise plus vite que prévu. Puisque par construction, les DCF, c'est sur des séquençages. Il y a un taux d'actualisation, mais si vous modifiez, vous partez du principe que vous gardez les actifs ad vitam un peu. Si vous changez et que vous faites de la rotation, peut-être que vous le valorisez plus vite. Et sur les dividendes pour l'actionnaire majoritaire? Je ne sais pas si... Je n'ai pas entendu votre question là-dessus. Il y a la possibilité, pardon, dans la résolution 5, je crois, de payer le dividende en actions. Oui, quelle est la position? Alors nous, on a... Alors jusqu'à présent, nous prenions le dividende en titre parce que nous avions...

En cash, pardon, oui, c'est ça, en cash, parce que nous avions des contraintes de seuil. Mais notre... Enfin, nous, notre politique, elle est de le prendre en cash, mais il n'est pas dit qu'on le fasse de la même façon cette année. Donc on n'a pas décidé. Merci. C'est aussi un coût d'opportunité pour nous par rapport au cours. On veut offrir aux actionnaires, y compris individuels, la possibilité d'avoir des titres avec une forte décote. Et bon, a priori, c'est ça peut être gagnant. Voilà. C'est une demande que nous avions des actionnaires, institutionnels ou individuels, de pouvoir en bénéficier. Donc voilà.

Mais vu que nous, on n'est pas dans des logiques de liquidité, on est long terme, bon ben le dividende est un petit rendement que nous avons du coup, puisqu'on ne va pas revendre nos titres. D'autres questions? Non, s'il n'y a pas d'autres questions. Une. Oui, pardon, excusez-moi, je n'avais pas vu. Oui, bonjour, je suis Fabien Rucian, nouveau actionnaire individuel aussi. Monsieur le Président, tout d'abord, je m'associe au remerciement et aux félicitations qu'il y a eu sur le redressement des chiffres de Chargeurs. J'avais néanmoins une question sur un métier particulier qui est la partie Personal Goods, qui représente, si je ne m'abuse, 14 millions d'euros de chiffre d'affaires, et où les chiffres sont un peu moins bons. Quel est votre chemin stratégique sur ce métier? Est-ce que vous vous fixez un timing, un tempo sur cette partie-là?

Est-ce que vous vous posez les questions que vous évoquiez tout à l'heure d'effet de taille, de seuil sur ce métier-là ? Et accessoirement, je m'interrogeais aussi comment ces marques-là sont valorisées au niveau de l'actif net réévalué. Ça, c'était une première question. Autre question, on a beaucoup parlé de RSE, de CSRD. Il y a eu néanmoins la loi Omnibus qui a décalé de deux ans ces contraintes-là, qui sont en effet des vraies contraintes. Ma question, c'était comment allez-vous prendre en compte cette loi Omnibus au sein de Chargeurs ? Et puis, dernière question, dans les fléaux qu'on peut avoir du point de vue réglementaire, il y a aussi les taxes sur l'eau, les redevances sur l'eau, qui sont fortement inflationnistes cette année dans le monde économique français.

Je ne connais pas précisément vos activités industrielles. Est-ce que c'est aussi un enjeu important dans vos activités industrielles ? Merci d'avance. Merci beaucoup pour votre entrée au capital et vos questions. Taxes sur l'eau, non, ce n'est pas un impact pour nous, pas qui nous a été remonté en tout cas. Nos consommations d'eau se jouent beaucoup quand même dans d'autres activités et hors d'Europe, enfin hors de France et hors d'Europe. Sur... J'ai oublié votre pardon votre deuxième question, je n'arrive pas à me relire. La loi Omnibus, oui. Alors, la loi Omnibus, c'est... Bon, et quand même, elle reste quand même un peu omni-tank, parce qu'il n'y a pas de...

En fait, la loi Omnibus suspend partiellement, à ce stade, suspend à ce stade l'obligation de rendre compte d'un certain nombre de critères, mais vu que de toute façon, on avait dû les établir pour nos rapports de durabilité, c'était trop tard. Et elle ne change pas l'obligation d'avoir une trajectoire carbone à 2030, donc elle ne change pas du tout mon constat de tout à l'heure. Même si j'observe que depuis 15 jours, au sein du Parlement européen, il y a une sérieuse discussion pour peut-être demander une suspension temporaire de cette obligation spécifique sur la trajectoire. Mais bon, il reste quand même le fait d'adopter une trajectoire engageante, obligatoire, demeure. Sur personal goods, donc on a... Alors, on a une...

On a fait un choix qui est d'acheter certaines marques et de faire le développement en organique, versus payer très cher une marque déjà ou des marques déjà établies. Donc, on est obligé de passer en PNL, beaucoup, c'est ce que disait Jérôme Engin, en fait, beaucoup de dépenses opérationnelles qui, pour nous, sont en fait des investissements dans le développement, la notoriété de ces marques. On a des situations distinctes. Est-ce qu'on a vocation à développer de la même façon toutes ces marques ou même à faire des arbitrages ? C'est la deuxième réponse versus la première. Certaines marques nous intéressent plus que d'autres. Elles figurent pour certaines dans notre ANR, enfin, elles figurent dans notre ANR et elles valent une somme non négligeable, bien sûr, mais elles ont gagné en valeur par rapport à nos investissements.

Hein, mais donc, première réponse, dans ces marques, ce sont des petites marques. Certaines représentent pour nous un potentiel à très long terme significatif qui légitime notre investissement. Par contraste, nous estimons que sur d'autres, nous avons sans doute fait notre travail d'actionnaire et de développeur et que le temps est peut-être venu d'extérioriser leurs valeurs et de les transmettre à d'autres actionnaires qui les accompagneront sur d'autres étapes. Troisième commentaire là-dessus, dans le volet B2C, et on commence en fait à avoir finalement dans nos activités un peu de B2C quand même, puisqu'il y en a aussi chez Museum Studio, on a Skira, on a le Grand Palais Immersif, on est producteur d'exposition, donc on a du B2C.

Dans notre stratégie B2C, je vais le dire un peu autrement, au moment où nous nous parlons, notre vision, on a regardé, c'est public, un certain nombre de dossiers pour acheter des affaires qui étaient à la fois B2B et B2C, qui faisaient quelques centaines de millions et où il serait agile d'acheter des affaires à 100%. Je pense que la configuration financière que nous imaginons sur les 18-24 prochains mois offrira l'opportunité peut-être d'entrer, si c'est pertinent, encore une fois, au capital d'affaires dans ces domaines. On parle du pôle mode et savoir-faire, dans de bonnes conditions et où on deviendrait, par exemple, actionnaire de référence, mais sans immobiliser des ressources importantes pour des affaires qui ont déjà une rentabilité éprouvée, établie et récurrente et une certaine masse critique.

Donc, il y a un peu tout cet équilibre-là, mais bon, je dirais que c'est sans doute un sujet qu'on évoquera lors de l'assemblée générale de l'an prochain, parce qu'on a bien d'autres sujets d'ici là. Mais pour répondre, puisque vous posez la question, je me dois de vous répondre. Autrement dit, ça nous intéresse d'avoir une ou deux petites marques et de les développer à notre rythme et d'être un actionnaire de référence d'une beaucoup plus grande marque et de la développer, mais là, à notre rythme accéléré. Voilà, ça nous a permis de faire ça, ça nous a permis d'appréhender un certain nombre d'approches commerciales, digitales, retail, fonctionnelles, à un coût qui reste quand même assez raisonnable.

En gros, ça doit nous immobiliser une trentaine de millions d'euros, ce qui, sur l'ensemble de nos actifs immobilisés, n'est pas gigantesque. Nos actifs immobilisés, c'est €900 millions. Donc voilà, c'est un peu... Pour avoir un peu l'échelle, c'est à peu près ça. C'est une trentaine de millions d'investissements depuis quelques années. On le dit avec modestie, je rappelle que Museum Studio, aujourd'hui, c'est très gros. C'était, Olivier l'a dit, €1 million de chiffre d'affaires en 2018. Aujourd'hui, €140 millions de chiffre d'affaires, plus de €300 millions de carnets de commandes confirmés. On a investi €100 millions sur Museum Studio. €100 millions. J'ai beaucoup de témoins ici que j'ai souvent eu des questions très enthousiastes sur Museum Studio, mais disant, bon, les gens étaient polis, donc ils disaient, est-ce que ce n'est pas un peu une danseuse de M.

Fribourg, parce qu'il s'intéresse à l'art ou parce qu'il aime les musées ? On avait ces questions-là. Ça nous intéresse, bien sûr, mais c'est aussi un modèle d'affaires, une activité, une activité et un business que nous avons développé et créé. On a dû investir €100 millions. Et pendant très longtemps, face à €100 millions investis, on avait des toutes petites rentabilités. C'était quelques millions, €3, €4 millions par an. Ce n'était pas €2, €3, ce n'était pas énorme. Donc c'est pour ça que je reboucle avec mon propos initial, c'est-à-dire que si on avait mis €50 millions sur la table pour acheter quelque chose qui gagnait €1 million, bon, ben on me poserait un peu la même question.

Mais on a fait un chemin différent parce que justement, on voulait nous-mêmes appréhender des mutations, notamment sur ce qu'on appelle le quiet luxury, qui est une catégorie du luxe. Et donc, voilà, aujourd'hui, on va maintenant... On a eu toute une phase où on repositionnait ces marques. On est maintenant dans une phase où, par exemple, sur Cambridge Satchel, comme sur Swaine, on développe le parc de magasins, mais on l'a fait aussi à notre rythme pour voir un peu ce qui se passait post-Covid. Donc là, on va développer des nouvelles boutiques de Swaine aux États-Unis, la première boutique de Cambridge Satchel aux États-Unis, la première boutique de Cambridge Satchel en France. Donc voilà, on fait un peu du dosage millimétrique et on investit et ça nous permet de...

Je vais le dire un peu crûment, mais ça nous permet de ne pas avoir mis trop d'argent sur une affaire avec un risque finalement qui aurait été important. On a pu faire un peu plus de test and learn sur cette approche. Et on voit maintenant assez clairement ce qu'on veut faire, ce qu'on ne veut pas faire, comment on veut le faire. Mais je pense que parmi ces marques, il y a des marques qui ont un très, très, très gros potentiel. Il faut qu'on prenne notre temps, qu'on continue d'investir tranquillement et qu'on y aille à notre rythme. Je n'en dis pas plus pour ne pas créer de biais informationnel puisqu'on est enregistré et qu'il faut rester prudent vis-à-vis des décisions des informations de marché.

Voilà, si ça vous convient, je propose que nous passions maintenant à l'ordre du jour de la composante vote des résolutions. Le quorum définitif est de 75,45% pour l'assemblée générale ordinaire comme pour l'assemblée générale extraordinaire. Je le redis, tous les documents ont été mis à votre disposition. Nous avons 17 résolutions à aborder. On va procéder par vote à main levée pour ceux qui veulent voter contre ou s'abstenir sur des résolutions si ça vous convient. On va tenir compte, bien sûr, des votes par correspondance, des pouvoirs qui nous ont été donnés et du poids dans la salle. Les résolutions à caractère ordinaire doivent être adoptées juste à la majorité des voix, les résolutions à caractère extraordinaire à la majorité des deux tiers.

Et je vous propose de passer aux résolutions si ça vous convient. Bien. Alors, première résolution, l'approbation des comptes sociaux de l'exercice qui fait ressortir un bénéfice de €4,5 millions en social. Est-ce qu'il y a des... Sur l'approbation de ces comptes, des abstentions ou des objections ? Il n'y en a pas. Elle est donc approuvée. Sur l'approbation des comptes consolidés de l'exercice qui fait ressortir un bénéfice de €7,3 millions, y a-t-il des abstentions ou objections ? Il n'y en a pas. Sur l'affectation du résultat, vous avez les résolutions sous les yeux, c'est-à-dire la troisième résolution qui alloue aux autres réserves et reports à nouveau d'une part, qui prévoit un dividende également de €0,13 par action qui sera prélevé sur le compte report à nouveau. Est-ce qu'il y a des abstentions, des objections ? Des questions ? Je vais m'abstenir sur la résolution 3.

C'est bien celle qui prévoit l'option titre, l'option de paiement en action ? Non, non, c'est la cinquième. Je peux m'excuser, donc ce sera pour plus tard. On en tiendra compte. Donc, elle est approuvée. Quatrième résolution, l'affectation au compte autres réserves par incorporation de réserves et de primes. Est-ce qu'il y a des objections ou des votes contre ? Il n'y en a pas. Cinquième résolution, l'option pour le paiement du dividende en action, il y a une abstention au moins. Ou un vote contre, je ne sais pas. Une abstention. Une abstention. Pour préciser ma réflexion, vous venez cette année d'établir un ANR qui fixe plus de €24, je crois. Voilà, aujourd'hui, on aura donc l'option d'acheter des titres à moins de €10, probablement, autour de €10. C'est quand ? €10,34. Non, non, non, non. Oui, le prix est défini. D'accord, d'accord. Oui, vous avez raison.

Du point de vue de l'intérêt du groupe, ça me semble diluer le capital. Voilà, on serait surcoté, ça serait l'occasion. Voilà, quand on est aussi décoté, pour moi, ce n'est pas là qu'il faut renforcer les capitaux propres à ces prix-là. Trop forte décote, selon moi. Je comprends votre point de vue. Bien, cette résolution est néanmoins adoptée, mais on a... Je tiens compte de votre point de vue. L'option pour le paiement d'un acompte sur dividende également en actions. J'imagine que vous avez la même position. S'il vous plaît. Est-ce qu'il y a des votes contre ou des objections ? Non, elle est donc néanmoins adoptée. La résolution numéro 7, l'approbation des conventions d'adoption des rapports des commissaires aux comptes. Il n'y a pas de convention réglementée, donc nouvelle. Est-ce qu'il y a des objections, des abstentions ? Il n'y en a pas. Elle est donc adoptée.

Huitième résolution, le renouvellement du mandat d'administrateur de Columbus Holdings pour une durée de trois ans, qui est représenté par M. Emmanuel Coquoin. Est-ce qu'il y a des votes contre ? Des objections ? Elle est adoptée et nous félicitons M. Cocouin et remercions pour la qualité de son engagement. Neuvième résolution, la nomination de nouveaux membres au sein du conseil d'administration, Mme Karine de Koenigswarter comme administratrice et M. Pierre Rambaldi comme censeur. Poste qu'a occupé Georges Rally. Félicitations. Est-ce qu'il y a des objections ou des votes contre ? Je vais m'abstenir sur le principe d'avoir des censeurs, ce qui ne fait pas partie, selon certains organismes, des meilleures pratiques de gouvernance. C'est un point que nous améliorons en permanence et en faisant passer certains censeurs à administrateurs et en maintenant les équilibres que nous avons aussi à compte tenu de certaines réglementations de parité. Est-ce que...

Bon, cette résolution est donc néanmoins... Et nous les en félicitons chaleureusement et nous les remercions pour leur engagement à venir au sein du conseil. Adoptée. Et donc, la résolution 9 est adoptée. Résolution 10, l'approbation de la politique de rémunération de votre serviteur, résolution ex-ante. J'ai répondu au point de M. Est-ce qu'il y a des objections ou des abstentions ? Il n'y en a pas. Et donc, nous vous remercions pour votre approbation. Résolution numéro 11, la rémunération des administrateurs. Est-ce qu'il y a des objections ou des abstentions ? Je n'en vois pas. La résolution est donc adoptée. Résolution 12. C'est quoi ? C'est la résolution ex-post pour les administrateurs. Est-ce qu'il y a des... Pour les mandataires sociaux. Est-ce que pour les mandataires sociaux, administrateurs et censeurs, est-ce qu'il y a des objections ou abstentions ? Il n'y en a pas. Et donc, elle est adoptée.

Et nous vous remercions pour eux. Résolution numéro 13, le vote ex-post sur la rémunération du président-directeur général. Est-ce qu'il y a des abstentions ou objections ? Il n'y en a pas. Elle est donc adoptée. Résolution numéro 14, l'autorisation donnée à la société pour opérer sur les actions de la société procédée à un rachat d'actions avec un prix maximum de €30. On a donc beaucoup de marge. Est-ce qu'il y a des objections ou des abstentions ? Il n'y en a pas. Il n'y a pas de stratégie active en ce moment en la matière, considérant qu'on veut quand même maintenir un flottant dans le fonctionnement de la société, mais rien ne l'interdit. À titre extraordinaire cette fois, une résolution importante, la résolution numéro 15 sur le changement de dénomination du groupe Chargeurs en Compagnie Chargeurs Invest. Est-ce qu'il y a des abstentions ou des objections ?

Et je suis très heureux de vous annoncer que cette résolution est donc adoptée. La résolution numéro 16, l'augmentation du capital social de la Compagnie Chargeur Invest SA, la maison mère et tête de pont du groupe, qui sera donc portée à 298 millions 347 768 €. Est-ce qu'il y a des objections ou est-ce qu'il y a des abstentions ? Cette résolution est également adoptée. Enfin, la 17e résolution, le pouvoir en vue des formalités. Est-ce qu'il y a des abstentions ou des objections ? Ça m'étonnerait, mais on ne sait jamais. Elle est donc adoptée. J'ai donc le plaisir de vous annoncer que l'ensemble des résolutions de cette assemblée générale ont été largement adoptées. Nous tenons à vous remercier pour votre engagement. Toutes les résolutions sont passées au vote. L'enregistrement sera évidemment consultable après. Je déclare cette séance levée.

Je crois qu'il y a quelque chose qui vous attend à la sortie. Donc, merci à toutes et à tous. Merci pour votre fidélité. Merci à l'ensemble des collaborateurs de votre société pour la qualité très profonde de leur engagement dans un monde toujours volatil qui demande beaucoup d'interprétations, de bonnes décisions. C'est l'occasion pour vous de vous réaffirmer nos ambitions importantes pour l'avenir de votre maison. Merci. Très bonne journée à vous et très bon printemps à vous.

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